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Etat des lieux : Philippe Decouflé s’offre un feu d’artifice

Etat des lieux : Philippe Decouflé s’offre un feu d’artifice




Il faut pas mal d’autodérision pour oser un titre pareil : Tout doit disparaître. Decouflé se lâche et donne rendez-vous au public pour une liquidation en règle, un presque-inventaire d’une vie de créations. Tous les espaces de Chaillot seront investis par une quarantaine de danseurs, musiciens et circassiens durant quatre à cinq heures d’un parcours dans les mondes du chorégraphe.



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Publish date : 2019-09-10 15:15:36

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Au “Climate Justice Camp”, on mise sur l’inclusivité pour mieux lutter

Au “Climate Justice Camp”, on mise sur l’inclusivité pour mieux lutter




Sur la route qui sillonne entre les champs de maïs, les petites tentes apparaissent en premier, comme des champignons multicolores. Puis l’on discerne les chapiteaux rayés, les vélos entassés à l’entrée, et enfin la banderole “Climate Justice Camp”. Alors que se multiplient les manifestations dénonçant l’inactivité des pouvoirs publics face à l’urgence climatique, quelques centaines d’activistes francophones, anglophones et néerlandophones se sont donné rendez-vous du 4 au 8 septembre dans la campagne flamande de Gooik, à quarante kilomètres au sud-ouest de Bruxelles (Belgique).
A la clé, pas d’action directe ou de marche pour le climat, mais un espace voulu comme un point de rencontre par des personnes issues de divers horizons – écologistes, mais aussi féministes, personnes des communautés LGBT +, sans-papiers, personnes racisées, agriculteurs, gilets jaunes… L’occasion de réfléchir à une définition de la justice climatique, et à ce que celle-ci implique pour le mouvement naissant.

>> A lire aussi : Grèves des jeunes pour le climat : retour sur cette mobilisation inédite

DR Climate Justice Camp
“[Nous pensons] que la problématique de la justice climatique est étroitement liée au capitalisme et à d’autres systèmes d’oppression qui sont à la base du changement climatique, et sont renforcés par ce dernier”, clament dans un communiqué les organisateurs et organisatrices du “Climate Justice Camp”. Les systèmes d’oppression en question : “Le patriarcat, le racisme et le colonialisme, la cis hétéronormativité, le classisme, le validisme, le spécisme…”

Des espaces “safe” et en non-mixité

Initiative citoyenne lancée au milieu des multiples appels à la mobilisation qui ont fleuri ces derniers mois dans la société civile en Europe, ce camp belge à la jonction des mouvements écologiques et sociaux espère lancer un “dialogue sincère” entre différents collectifs ne jouissant pas tous du même retentissement médiatique. Le but : tendre vers une convergence des luttes sociales, sans lesquelles ne peut exister de justice climatique.
“On veut valoriser tout le monde à la même échelle,” explique Ibis, l’une des organisatrices. L’accent a été mis sur l’inclusivité : des espaces “safe” et en non-mixité ont été installés, et une “awareness team” est disponible “pour protéger les communautés contre les agressions et les comportements oppressifs”. Les trois hectares du campement accueillent entre 150 et 250 personnes par jour, issues de communautés diverses.

DR Climate Justice Camp
Afin de n’oublier personne, chaque débat est traduit en français, anglais ou néerlandais, le camp dispose d’un bar sans alcool ainsi que d’une garderie, et le réfectoire ne sert que des plats vegan. Une compensation financière est prévue pour ceux pour qui la venue au camp “peut être un sacrifice”. “Il faut prendre le temps de se défaire de ses idées, d’apprendre à se déconstruire”, sourit Ibis. Le tout dans une ambiance “bisounours”, ajoute-t-elle.
Du maquillage pailleté, datant de la soirée de la veille, trace des rayons de soleil autour de ses yeux. Plantée dans sa salopette rouge et ses grandes bottes en caoutchouc, elle semble prête pour le festival Glastonbury. Mais, au lieu d’une liste de concerts, c’est un emploi du temps (très) chargé qu’elle détaille : débat sur l’écologie queer, cours de boxe en non-mixité, atelier antipub, point information consacré à “la communauté trans pour les nul.les”, présentations sur l’écologie radicale, l’agriculture durable et les rapports de domination dans les luttes antinucléaires, atelier sur la répression en manifestation, débat avec des sans-papiers…

“Comment on se défend ?”

Sous les chapiteaux, les débats apportent davantage de questions que de réponses. Au module sur le fascisme et le changement climatique, un jeune Flamand barbu raconte comment les néofascistes à Gand, sa ville, ont plusieurs fois attaqué des groupes écologistes et féministes : “Pour moi, ce n’est plus de la théorie. Comment on se défend ?”
Dans la tente d’en face, le collectif bruxellois La Voix des sans-papiers décrit le bras de fer constant pour loger ses 95 réfugiés, ou encore la douzaine de déménagements qu’ils ont effectué à travers la capitale en trois ans. “Le changement climatique, c’est un sujet qui nous concerne”, explique Modou, le responsable. “On a déjà vu les conséquences dans nos pays de l’Afrique de l’Ouest. La dégradation climatique a poussé beaucoup de gens à quitter leur pays, certains sont en Europe depuis des années. Ce n’est pas nouveau, pour nous.”

DR Climate Justice Camp
A l’organisation, on se félicite de la “belle solidarité internationale” du camp, qui n’était pas prévue. Outre les cuisiniers hollandais et boulangers français, des enthousiastes sont venus de France, d’Allemagne et des quatre coins de Belgique. La moyenne d’âge des participants est en revanche bien plus homogène : entre 20 et 30 ans, hormis une poignée de sexagénaires curieux et quelques lycéens comme Mireille et Clara, 17 ans, initiées à Bruxelles lors de la Marche pour le climat.
Le pari de la diversité semble gagnant : histoires et expériences se croisent sans se ressembler. Ousmane a passé un an et demi sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), où il est resté jusqu’à son démantèlement au printemps 2018, avant de déménager à Bruxelles. Il est au camp pour assister à la projection d’un documentaire sur la ZAD, qui, comme tous les films présentés sur ces quelques jours, est projeté en “électricité à pédales”. Il y retrouve par hasard un ami de NDDL.

Créer de l’inclusivité

Gisela, Lituanienne de 26 ans, revient tout juste d’un camp pour le climat en Estonie, où elle a passé la semaine pour son travail avec l’association Friends of the Earth (Les Amis de la Terre). “Mais celui-là, je le fais pour mes vacances !”, rigole-t-elle en déposant ses affaires à l’accueil. Zoe, Belgo-Américaine de 23 ans qui étudie la philosophie à l’université de Leuven (Louvain), en Flandres, a aussi fait le déplacement. Elle est venue pour “apprendre de ceux qui sont déjà actifs”, dans le but de lancer son propre magazine de lutte : “Il faut que la société transitionne et abandonne les énergies fossiles”, dit-elle. “On doit se mobiliser en masse, comme l’ont fait les mouvements des travailleurs au XIXème siècle.”

>> A lire aussi : Au “Camp climat”, on apprend à désobéir pour sauver la planète”

A côté des toilettes, forcément sèches et “cup-compatibles”, Estelle et Lola, la vingtaine, ont déballé leur stand “Pimpe ton pisse-debout” et invitent les passants à décorer, à la bombe de peinture fluo, un morceau de cintre en plastique creux pour uriner debout. “Ça m’évite d’utiliser les toilettes dégueus dans les bars, et pour les personnes trans, ça permet d’utiliser les urinoirs”, note Estelle.

DR Climate Justice Camp
Lorsqu’il commence à pleuvoir, tout le monde se réfugie sous les tentes, sauf l’atelier samba, qui oppose bravement ses percussions à la pluie battante. Iris rigole : “Souvent, les camps écolos c’est soit masculiniste, soit pratico-pratique, ce qui laisse peu de place à la joie, à l’‘inutile’… au beau, quoi. Alors que c’est important aussi.”
“Des gens viennent me dire qu’ils ne s’attendaient pas à ça”, dit en souriant Ruth, coordinatrice de l’intégration des différentes luttes et responsable de la “Queeravan” garée sur une colline. “On a vraiment voulu faire se rencontrer des minorités, créer de l’inclusivité pour en tirer de la positivité. C’est quand même assez rare d’avoir le même jour un débat sur l’agriculture durable et un atelier sur les identités trans !”
Au-delà du camp, rien n’est sûr, explique-t-elle : ce sont les ateliers du dernier jour qui décideront d’éventuelles pistes, actions ou marche(s) à suivre. Mais le dialogue semble engagé : “Tout le monde a sa place dans la lutte, il faut arrêter de demander aux autres de nous ressembler”, a conclu un jeune homme à l’atelier “écologie radicale”. Les bases sont là, le reste est à construire.



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Publish date : 2019-09-09 10:52:17

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Pourquoi il faut en finir avec l’expression "racisme anti-Blancs"

Pourquoi il faut en finir avec l’expression "racisme anti-Blancs"




“Racisme anti-Blancs.” D’un point de vue sociologique, l’expression apparaît comme une fiction, une aberration. Pourtant, sa récupération politique n’a rien de virtuel. Et pour cause. Depuis quelques jours, l’ancien joueur de football Lilian Thuram est accusé d’alimenter un supposé “racisme anti-Blancs”.
La raison ? Dans une interview parue le 4 septembre dernier dans le journal italien le Corriere dello Sport, il a répondu à une question sur les insultes racistes visant les joueurs noirs dans les stades.
“Il faut prendre conscience que le monde du foot n’est pas raciste, mais qu’il y a du racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche. Il est nécessaire d’avoir le courage de dire que les Blancs pensent être supérieurs et qu’ils croient l’être”, a-t-il dit. Et c’est l’expression “les Blancs”, qui n’est visiblement pas passée pour beaucoup. A tel point que la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (Licra) s’est fendue d’un communiqué pour dénoncer les “risques d’une dérive du combat antiraciste”.
Dans la foulée, rebondissant à la polémique autour de Lilian Thuram, le consultant Pierre Ménès s’est attiré de nombreuses critiques après avoir déclaré sur le plateau de CNews que “le vrai problème, en France, dans le foot en tout cas, c’est le racisme anti-Blanc.” Et ce en arguant même que son fils, “nul au foot”, en a été victime dans son club. Avant de s’en excuser. Trop tard : comme le souligne l’Obs, Pierre Ménès avait déjà été érigé en héros, malgré lui, de la fachosphère. La journaliste et essayiste Rokhaya Diallo, qui publiera le 2 octobre La France tu l’aimes ou tu la fermes (éd. Textuel), décrypte pour nous ce qui se joue derrière l’expression “racisme anti-Blancs”.
Lilian Thuram est au cœur d’une polémique depuis plusieurs jours, accusé de faire du “racisme anti-Blancs”, qu’est-ce que cela vous inspire ?
Rokhaya Diallo – J’ai créé mon association anti-raciste en 2006, et avec toutes les questions sur lesquelles j’ai travaillé, j’ai l’impression que de nombreuses personnes sont davantage mobilisées pour dénoncer un supposé racisme anti-Blancs que pour agir contre le racisme, qui produit des effets quotidiens. C’est vraiment ce qui me choque le plus : cette disproportion entre l’indifférence par rapport à ce que subissent les personnes minoritaires au quotidien, et la solidarité qui s’est formée pour dénoncer Lilian Thuram.
Traiter quelqu’un de “sale blanc” ou de “sale noir”, est-ce vraiment la même chose ?
Ce n’est pas la même chose, parce que cela ne fait pas appel au même imaginaire. Ce n’est pas la même chose de se moquer du premier de la classe que du dernier. Si on dit à quelqu’un “sale premier de la classe”, ce n’est pas la même chose que de traiter quelqu’un de “sale cancre”. Le dommage psychologique n’est pas le même. Le premier de la classe, quoi qu’il arrive, est le premier.
N’est-ce pas ici significatif de l’impossibilité de penser le racisme comme un tout, un système ?
Oui, cette réaction est aussi symptomatique de ce que l’on appelle “la fragilité blanche” (“white fragility”). Ce concept a été créé en 2011 par l’universitaire américaine Robin DiAngelo et dénonce le fait que les personnes blanches ont grandi dans des sociétés qui les protègent de tout stress lié à leur couleur de peau. Elle explique comment un minimum de stress racial devient alors pour celles-ci intolérables. Il en résulte bien souvent des réactions de défense, comme de la colère ou de l’opposition.
La polémique déclenchée par les propos de Lilian Thuram est pour moi révélatrice d’un mécanisme de défense par rapport à la remise en question d’un petit privilège. Quand je vois que Thomas Legrand (chroniqueur politique sur France Inter, ndlr) s’allie à Eugénie Bastié (essayiste conservatrice et journaliste au Figaro, ndlr) pour expliquer le racisme anti-Blancs, pour moi, c’est un grand écart. Le seul point commun qu’il y a entre ces deux personnes est la volonté de dénoncer le sentiment de stigmatisation d’une personne blanche.
Mais si le “racisme anti-Blancs” est une fiction d’un point de vue sociologique, la récupération politique de cette expression est bien réelle…
Oui, et elle n’est pas nouvelle. Seulement, cette récupération politique prend vraiment bien racine depuis quelques années. Dans les années 80 déjà, le Front national parlait de racisme “anti-Français”. L’idée a été réinvestie ensuite en 2005, en marge des manifestations anti-CPE, à Paris. A l’époque, une tribune dénonçant des “ratonnades anti-Blancs” avait été signée par des intellectuels comme le philosophe Alain Finkielkraut, ou le journaliste de gauche Jacques Julliard.
Encore une fois, on assistait alors à une volonté de relativiser le racisme. L’idée pointe régulièrement son nez dans le discours politique, mais c’est aujourd’hui devenu un véritable argument pour répondre à des victoires qui sont obtenues par des minorités. Et forcément, il y a une opposition, une résistance, qui s’incarne dans le fait de dire : “Mais nous aussi on souffre.” Et ainsi, cela permet de relativiser d’une certaine manière le racisme systémique français.
Pourquoi est-ce que l’on a autant de mal en France à parler de ces questions-là ? Le modèle d’intégration français empêche-t-il de s’y pencher ?
Je pense que le problème vient de la culture française. La France se vit comme un pays très à part, comme un pays dont les valeurs sont supérieures aux autres. C’est le pays qui est à l’origine de nombreux droits humains, le pays des Lumières, et donc aux valeurs morales exceptionnelles. Et la remise en question de ces fondements est très difficile.
La République est invoquée comme étant une entité supérieure, et pourtant, il faut rappeler que son instauration est aussi concomitante avec l’extension coloniale. La culture politique française sacralise un certain nombre de valeurs et d’institutions, et empêche toute remise en question d’effets institutionnels qui sont parfois injustes. Lorsqu’une personne comme moi, minoritaire, questionne l’égalité, la réponse qu’on lui donne c’est : “Vous n’aimez pas la France.” Dès lors qu’on tente d’ouvrir une discussion rationnelle, on y introduit une réponse irrationnelle. Et c’est quelque chose qui est très présent dans le discours politique.
C’est d’ailleurs ce qu’essayait d’expliquer Lilian Thuram dans son interview au Corriere dello sport
Tout à fait. Il est important de dire que ce qui caractérise la culture et l’histoire moderne, c’est la structuration du monde entre les Occidentaux et les pays exploités par l’Occident. On ne peut pas ne pas se dire que l’on jouit aujourd’hui d’un passé, sans penser à ce que cela a coûté à d’autres.
En quoi les mots “blanchité ” et “racisé” sont-ils importants selon vous ?
Il est très important de nommer les dynamiques de pouvoir. Pour moi, les mots les plus importants qui ont émergé dans le débat sont “Blanc” et “blanchité”. En France, on parle toujours du débat anti-raciste en ne parlant que des “minorités visibles”, mais jamais de la “majorité invisible”. La position blanche est vécue comme un point neutre à partir duquel tous les autres sont définis. C’est pourquoi il est important de dire qu’être Blanc est tout autant une construction politique que d’être Noir ou Arabe.
Et questionner cette position dominante est essentiel, car il ne s’agit pas de questionner des individualités, mais au contraire des positions et ce qui en découle en termes de poids et de privilèges. Ce qu’a fait Lilian Thuram, même s’il l’a fait au prix d’une forte polémique, est profondément salutaire. Placer les Blancs au centre du débat sur la question raciale, c’est capital, car ce sont ces positions dominantes qui sont à questionner. Quand on parle de la question noire ou arabe, on pense finalement que cela ne concerne que les Noirs ou que les Musulmans. Alors que, lorsque l’on parle de blanchité, cela engage davantage la responsabilité collective, et on déplace le débat.
Quand en 2016 Laurence Rossignol – à l’époque ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes – a utilisé le mot “nègre” cela n’a pas fait un tel débat, alors que c’est un terme injurieux reconnu comme étant raciste. Et je suis étonnée de me rendre compte qu’une ministre peut parler de “nègres” sans aucune conséquence… Mais trois ans plus tard, lorsqu’un homme noir parle des “Blancs” il se retrouve au centre d’une polémique incroyable, qui unit toutes sortes de personnes.
Propos recueillis par Fanny Marlier



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Publish date : 2019-09-09 11:28:16

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Quoi de neuf cette semaine ?

Quoi de neuf cette semaine ?




Le Coconut Festival à Saintes

Altin Gün
Fidèle à son éclectisme et à son ouverture d’esprit, Amaury Ranger (notamment musicien chez Frànçois & The Atlas Mountains) a programmé pour la septième édition du festival saintais autant d’artistes émergents que de groupes reconnus. Entre une ouverture en douceur avec Aja, Bumby et Gentle Dom (le pseudo du chanteur de MGMT), une soirée autour de la fine fleur du rap francophone (Hamza, 13 Block…) et un samedi soir bigarré (Salut C’est Cool, Altin Gün, Kokoroko…), le Coconut Festival fera la joie des mélomanes curieux et avides de sensations exotiques.
Musique. Du 12 au 15 septembre à l’abbaye aux Dames, Saintes 

3e Biennale des photographes du monde arabe contemporain



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Publish date : 2019-09-10 11:20:26

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Femmes de chambre en grève, à Paris : “Elles ont si peu à perdre qu’elles sont très déterminées”

Femmes de chambre en grève, à Paris : “Elles ont si peu à perdre qu’elles sont très déterminées”




Un homme sort de la partie de l’hôtel Ibis Batignolles réservée aux séminaires d’entreprise. Malette à la main, cigarette électronique dans l’autre, costume impeccable, il a l’air mi-amusé, mi-désespéré. Et pour cause : à l’entrée des salles de réunion qui accueillent de sérieux entrepreneurs, ce 9 septembre au matin, une vingtaine de femmes de ménage font un maximum de bruit.
Bouteilles en plastique remplies de platre durci, couvercles de casseroles, boîtes de conserves, sifflets, haut-parleurs : pour une fois, elles ne passeront pas inaperçues, semblent-elles vouloir dire. La caisse de résonnance produite par l’enclavement de l’hôtel, situé entre quatre barres d’immeubles, joue en leur faveur. Depuis le 17 juillet, elles sont 24, employées par STN (un sous-traitant du groupe Accor) à avoir entamé une grève illimitée pour protester contre leurs conditions de travail. 
52e jour de grève des femmes de chambre de l’Ibis Batignolles (17e). Elles dénoncent les cadences (“On fait 3 chambres et demi par heure, et ça ne paye pas!”) et l’externalisation pic.twitter.com/aGmYCwHpAS— Mathieu Dejean (@Mathieu2jean) September 9, 2019

“Souvent les femmes finissent avec des handicaps”

“Mal au dos, mal aux pieds, il faut payer !”, clament-elles en coeur, parfois en dansant pour égayer cette lutte qui ne fait que commencer. “On ne peut pas rester dans cette situation. Il faut diminuer les cadences, et payer chaque heure travaillée. Ici, ça n’existe pas”, nous explique Diallo, qui travaille dans cet hôtel depuis un an et deux mois. Une de ses collègues, âgée de 48 ans, dont douze à travailler comme femme de chambre, ajoute en souhaitant rester anonyme : “Ici on travaille beaucoup, mais ça ne paye pas, et souvent les femmes finissent avec des handicaps.”
La plupart des grévistes revêtent un gilet jaune floqué de la CGT-HPE, le syndicat des salariés des hôtels de prestige et économiques. Celui-ci n’en est pas à sa première expérience en matière de révolte des femmes de chambre. Beaucoup ce matin ont en mémoire la grève de 87 jours du personnel en charge du nettoyage du palace parisien Park Hyatt Vendôme, victorieuse, ou celle de 111 jours menée par les salariées de l’Holiday Inn de la Porte de Clichy, qui ont fini par être embauchées par l’établissement. Une autre grève s’est installée depuis avril, parmi les femmes de chambre de l’hôtel NH, employées de la société Elior Services, à Marseille.
Il faut dire que leurs problèmes et leurs revendications se ressemblent. Comme beaucoup d’autres, les femmes de chambre de l’Ibis Batignolles sont employées par un prestataire externe, la société STN. Elles n’ont donc pas le statut de salariées de l’hôtel, ne sont pas sur la convention collective hotelière, et ne bénéficient pas de ses avantages – comme une une indemnité nourriture, qu’elle réclament.
“C’est un secteur qui bouge énormément, et pour cause : elles sont en bas de l’échelle, et ont tellement peu à perdre qu’elles sont très déterminées”, constate Marion, membre du NPA et du comité de soutien aux grévistes. “Les hôtels rechignent à internaliser, alors que le nettoyage est la base du métier hotelier : ça n’a pas de sens. Mais le dialogue social est inexistant avec des mastodontes comme STN ou Elior. Ils ne veulent pas lâcher le morceau sur un piquet de grève, pour ne pas avoir à le lâcher ailleurs.”

“Ils ont créé des salariées de seconde zone”

Les femmes de ménage de l’Ibis Batignolles réclament aussi une baisse des cadences, fixées à trois chambres et demie par heure pour l’instant. “On souffre beaucoup, et ils payent mal”, s’indigne ainsi Blanche-Parfaite, une des employées, qui gagne environ 900 euros par mois. “Il y a un ras-le-bol. Nos tenues ne sont pas changées, des filles malades reçoivent des menaces de mutations, ça ne peut pas continuer”, ajoute-t-elle. Les salariées de cet hôtel ont par ailleurs été gravement marquées par l’agression sexuelle présumée de leur collègue Beby par l’ancien directeur, dans l’établissement, en mars 2017. L’affaire est en cours d’instruction, l’homme a été mis en examen.
Tiziri, animatrice syndicale à la CGT et organisatrice de plusieurs grèves de femmes de chambre, a découvert son existence le premier jour de la grève. “A 9 heures le matin, dans le hall, elles ont voulu rendre hommage à leur collègue violée dans l’établissement. Toutes les femmes ont clamé pendant dix minutes : ‘Beby violée ici.’ J’en ai pleuré. Il y a clairement une dimension féministe et antiraciste dans cette lutte, qui trahit a une distribution sexuelle et raciale du travail. Ils ont créé des salariées de seconde zone”, raconte-t-elle.

“On se demande comment elles font pour être aussi déterminées”

Ce jour-là, Philippe Poutou, l’ouvrier de chez Ford (dont l’usine est en train de fermer) et ancien candidat à la présidentielle du NPA, est venu apporter son soutien aux personnes mobilisées. “Il y a un côté fabuleux souvent dans ces luttes, car ça a beau être un milieu ultra-précaire, avec une violence ahurissante dans les rapports au travail, elles ont un culot incroyable. Cela fait du bien, ça fait relativiser nos problèmes. On se demande comment elles font pour être aussi déterminées”, confit le Limousin, venu en direct de Bordeaux.
[email protected] présent en soutien. “Ils profitent de leurs fragilités, de leur précarité pour les exploiter. Mais elles sont déterminées, c’est admirable” pic.twitter.com/0CbaEhp9op— Mathieu Dejean (@Mathieu2jean) September 9, 2019

Les damnées de la terre relèvent bien la tête. Au bout d’un mois, STN leur a fait une proposition par courrier, jugée très insuffisante. Une cagnotte en ligne a récolté 16 500 euros pour soutenir les grévistes. La caisse de grève du syndicat a été mise à contribution pour verser leurs salaires. Malgré les interimaires appelés en renfort par l’Ibis Batignolles, le conflit est donc parti pour durer.



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/09/09/actualite/societe/femmes-de-chambre-en-greve-a-paris-elles-ont-si-peu-a-perdre-quelles-sont-tres-determinees/

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Publish date : 2019-09-09 16:36:43

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[Vidéo] Le blanc magique de Cédric Villani quand on l’interroge sur le logement

[Vidéo] Le blanc magique de Cédric Villani quand on l’interroge sur le logement




L’annonce de la candidature de Cédric Villani est restée gravée dans les mémoires. Mais le candidat dissident de LREM à la mairie de Paris semble nous réserver encore bien des surprises. Après s’être lancé dans la course, en concurrence avec Benjamin Griveaux, le député de l’Essonne a répondu en live aux questions de Brut.

>> A voir aussi : [Vidéo] Cédric Villani annonce sa candidature à la mairie de Paris, en mode “parce que c’est notre projet !”

Et force est de constater qu’il a encore besoin de se roder. Notamment sur la question du logement. Alors que la flambée des prix au mètre carré dans la capitale est au cœur de la pré-campagne, Cédric Villani a été pris au dépourvu, comme on peut le voir dans cette vidéo magique (isolée par Ian Brossat, adjoint PCF à la mairie de Paris en charge du logement) :
Vous attendiez le programme logement de #Villani ?
Le voici.
Quand on dénonce avec arrogance le bilan de la majorité actuelle, mieux vaut avoir quelques billes… ⬇️ pic.twitter.com/ac8Ov0GqNN— Ian Brossat (@IanBrossat) September 6, 2019

“Peu de sujets aussi difficiles”

La réaction de Cédric Villani se fait donc en trois temps : se retourner vers ses collaborateurs, marquer un blanc, et botter en touche. “Peu de sujets aussi difficiles, et justement quand les experts vous parlent de logement, c’est extraordinaire, la complexité des solutions… Beaucoup de solutions déjà mises sur la table et…. beaucoup à venir : je me permets de faire un petit teasing”, balbutie-t-il.

REPLAY – Cédric Villani, candidat dissident en interview pour Brut.REPLAY – Cédric Villani, candidat dissident en interview pour Brut.

Emmanuel Macron, l’écologie, les difficultés pour se loger : Cédric Villani, nouveau candidat à la mairie de Paris, répond à vos questions et à celles de Rémy Buisine.Posted by Brut on Thursday, September 5, 2019
Son porte-parole, Rayan Nezzar, estime cependant que la vidéo est tronquée, comme il l’explique au Parisien : “La vidéo diffusée est tronquée. En l’occurrence, il s’arrête de répondre car l’interview avec Brut dépassait d’une dizaine de minutes le créneau prévu et que les journalistes du JDD attendaient pour une autre interview. C’est ce que lui indique son directeur de campagne derrière lui, et c’est pourquoi il se retourne.”



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/09/09/actualite/politique/video-le-blanc-magique-de-cedric-villani-quand-on-linterroge-sur-le-logement/

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Publish date : 2019-09-09 10:45:45

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Affaire Yann Moix : Laurent Ruquier va-t-il quitter France 2 pour M6 ?

Affaire Yann Moix : Laurent Ruquier va-t-il quitter France 2 pour M6 ?




Le passage de Yann Moix lors de la première émission d’On n’est pas couché de l’année, sur France 2, samedi 31 août, n’a visiblement pas plu aux dirigeants de France Télévisions. Ces derniers et Laurent Ruquier, l’animateur d’ONPC, seraient ainsi “au bord de la rupture” selon nos confrères du JDD.
En cause : une interview jugée trop complaisante de l’écrivain, au cœur de plusieurs polémiques ces derniers jours, notamment autour de la révélation de dessins et textes antisémites et négationnistes, mais aussi à propos de son nouvel ouvrage Orléans.

A lire aussi : Affaire Yann Moix : La direction de France 2 estime que “Ruquier n’a pas fait son boulot”

Ruquier dénonce un “acharnement”

Les audiences de l’émission seraient aussi remises en cause par la direction de la chaîne. De quoi enjoindre Laurent Ruquier à prendre contact avec les patrons de M6, comme le révèle toujours le JDD, qui met en avant le fait que l’émission Les Grosses têtes présentée par l’animateur appartient à RTL… soit une radio appartenant au même groupe que M6.

A lire aussi : “L’Express” révèle des dessins antisémites de Yann Moix

Laurent Ruquier, lui, a démenti formellement ces informations, arguant du fait que “la direction de France 2, Delphine Ernotte et Takis Candilis [le] soutiennent”. Et d’évoquer “un acharnement” à son égard, souhaitant “à tous les talk-shows de faire 14,5 % de part de marché un samedi soir en deuxième partie de soirée”.
L’auteur de l’article du JDD, lui, a publié sur Twitter un message affirmant qu’il “confirme à 1000 %” ses informations.
Laurent Ruquier dément les informations du JDD sur un conflit qui l’opposerait à France Télévision, quant au traitement de l’affaire Yann Moix dans ONPC..Auteur de cet article, extrêmement bien sourcé, je confirme à 1000% les dites informations.— Revel (@renaudrevel) September 9, 2019

A lire aussi : L’émission de Yann Moix sur Paris Première annulée



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/09/09/actualite/medias-actualite/affaire-yann-moix-laurent-ruquier-va-t-il-quitter-france-2-pour-m6/

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Publish date : 2019-09-09 12:01:58

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Guillaume Meurice ouvre une boutique en ligne pour soutenir SOS Méditerranée 

Guillaume Meurice ouvre une boutique en ligne pour soutenir SOS Méditerranée 




Qui pourrait résister à des pin’s “Les jeunes avec Raffarin” ou à des badges “Sex, drugs and trottinettes” ? Dimanche 8 septembre, Guillaume Meurice a annoncé l’ouverture d’une boutique en ligne sur son site personnel. L’idée : que les bénéfices soient intégralement reversés à SOS Méditerranée France.
Tu te cherches un swag de rentrée à mi chemin entre Christophe Barbier et Iggy Pop ? J’ai pensé à toi ! #NouvelleBoutiqueEnLigne (bénéfices intégralement reversés à @SOSMedFrance) https://t.co/LSI9QfGuXZ— Guillaume Meurice (@GMeurice) September 8, 2019

>> A lire aussi : Après l’Aquarius, SOS Méditerranée repart en mer avec l’Ocean Vicking pour porter secours aux migrants

L’humoriste et chroniqueur de France inter a répondu aux questions du HuffPost, expliquant qu’il “s’agit des produits dérivés de [son] spectacle” – vendus entre deux et huit euros – mais aussi que des bénévoles de l’ONG avaient déjà été conviés à la fin de ceux-ci afin de vendre “ce qu’on a appelé ‘En Merch’”.
SOS Méditerranée lance régulièrement des campagnes de dons – la dernière en date : #BackAtSea – afin d’assurer ses missions de sauvetage de migrants naufragés en mer Méditerranée centrale. Depuis 2016, et malgré des pressions judiciaires et politiques, l’ONG et son partenaire Médecins sans frontière ont sauvé près de 30 000 personnes.

>> A lire aussi : Ils ont embarqué à bord de l’Aquarius, et nous racontent cette odyssée humanitaire



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Publish date : 2019-09-09 10:20:58

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Les Inrocks

"Dirty Dancing" a-t-il fait de nous des féministes ?

"Dirty Dancing" a-t-il fait de nous des féministes ?




Mettez le sujet “Dirty Dancing” sur la table d’un dîner de trentenaires ou de quadras et vous êtes sûre d’obtenir une majorité de fans hardcore ayant quelque part un t-shirt “On ne laisse pas Bébé dans un coin”, une minorité l’ayant vu trop tard sans avoir jamais compris l’intérêt de cette romance sur fond de mambo, sans oublier le quota d’hommes affublés d’une sœur dans les nineties, qui connaissent sans l’avoir toujours décidé les aventures de Bébé et Johnny, aka Jennifer Grey et Patrick Swayze. Patrick Swayze dont on célèbrera les 10 ans de la mort le 14 septembre prochain, eh oui déjà.

Bébé, c’est donc la protagoniste de ce succès surprise sorti en 1987 en salles et dont le scénario est assez facile à résumer pour les rares personnes ayant traversé les années 90 sans jamais le regarder: une jeune fille de bonne famille passe son été dans un club de vacances et tombe amoureuse du prof de danse bad boy qui lui fait découvrir son corps sur des rythmes muy caliente. Clin d’œil appuyé. En effet, pas besoin d’être expert·e en danses latines pour comprendre que toutes ces danses collé-serré – qui sont les ancêtres de notre reggaeton actue l-, invitent directement au sexe. Ce qui, alerte spoiler, ne manquera pas d’arriver à nos deux héros que tout oppose et qui, pourtant, découvrent l’amour en même temps qu’ils vivent une passion torride en cet été 1963. Un contexte historique qui a son importance puisque le film mentionne dès son ouverture la guerre du Vietnam et les pays non-alignés. À cette époque, l’avortement est encore illégal, et va pourtant se retrouver au cœur de l’intrigue de Dirty Dancing, ce qui place de facto le film dans la catégorie féministe, tant le sujet est encore tabou 30 ans après sa sortie.

Un récit initiatique

Autant d’ingrédients qui offrent une lecture bien moins niaise qu’on pourrait le croire de cette rom com qui a marqué toutes les préados ayant vécu par procuration le dépucelage de Bébé en fantasmant le jour où elles rencontreraient elles aussi leur Johnny. Parce que, oui, Dirty Dancing, fait partie de ces films “de filles” qui ne verraient sans doute plus le jour aujourd’hui, et dont on peut légitimement se demander s’il n’entretient pas cette quête du prince charmant qui pousse les spectatrices hétéros devenues adultes à tout attendre d’un homme – et forcément, à être déçues. À moins que Bébé ne soit l’incarnation d’une femme assumant son désir et faisant fi du slut shaming ? “Pour moi, ce film est iconique, avance Nelly Zagury, 31 ans, artiste plasticienne et autrice du recueil de poésie érotiques Songs of my Fantasy. C’était libérateur de pouvoir se projeter sur le modèle de Bébé, parce qu’elle passe de la jeune fille coincée dans les principes d’éducation de ses parents à une certaine rébellion par la danse, donc par la libération du corps et la sensualité pure. Le personnage évolue sous nos yeux, avec ses cheveux bouclés, ses manières gauches et ses ambivalences de petite fille qui a peur d’assumer d’être une femme. C’est la mère de Rihanna ‘good girl gone bad'”.

(© Splendor Films)
En effet, Bébé ne se contente pas d’être coincée, elle n’est pas jolie. En tout cas pas au sens hollywoodien du terme, à une époque où la beauté est très normée, très blanche et très lisse. La comédienne Jennifer Grey est toute petite, a un gros nez et des cheveux bouclés. “Voir ce personnage a été fondateur car c’était pour moi le début de l’acceptation, poursuit Nelly Zagury, elle-même dotée d’une chevelure bouclée. On commençait à voir des physique plus exotiques, plus naturels, et derrière tout ça, il y avait une forme d’acceptation du féminin.” Un choix de casting qui ne doit rien au hasard. Eleanor Bergstein, la scénariste, s’est inspirée de sa propre histoire, celle d’une jeune fille juive new yorkaise passant ses vacances dans les villages de vacances des montagnes Catskill et enflammant les dancefloor de son déhanché.

“Si cette fille normale finit avec le beau gosse de service, vous avez le parfait conte de fées qui donne de l’espoir à tout le monde.”

Comme elle, la productrice du film Linda Gottlieb insistera pour que l’héroïne de 17 ans ressemble à celles qui la regarderont. “[L’équipe cherchait] une terrible bimbo blonde, confie-t-elle à Vanity Fair. Mais j’ai répondu qu’elle devait être imparfaite. Si cette fille normale finit avec le beau gosse de service, vous avez le parfait conte de fées qui donne de l’espoir à tout le monde.” Bingo! C’est précisément ce qu’en a retenu l’humoriste Virginie Guedj, 42 ans, qui a vu pour la première fois ce film à 16 ans. “Pour moi, Dirty Dancing, c’est la revanche des deuxièmes, des cadettes, c’est l’éclosion de la chenille en papillon. Au début du film, on voit l’aînée, grande brune, bien habillée, femme. La deuxième est garçon manqué, pas aboutie, elle a les cheveux en bataille. Et pourtant Johnny  voit chez elle ce que personne ne voit. Je crois que le message m’a donné confiance, ça veut dire que c’est possible.”

Sauvée par un homme?

Si Bébé se fait remarquer par Johnny, ce n’est pas parce qu’elle est la plus belle, mais parce qu’elle est celle qui danse le mieux, qui assume son désir naissant, parce qu’elle n’a pas peur de s’opposer à ses parents et aux autres adultes qui veulent la peau de son amoureux. “La danse est évidemment une métaphore du sexe dans le film et il est très intéressant de voir la jeune fille en fleur se débarrasser de son corps virginal pour accéder à un corps sexué, analyse Alice Pfeiffer, chef de rubrique mode aux Inrocks et spécialisée sur les questions du genre. Bébé dit fuck au patriarcat et se découvre grâce à la sexualité, elle repense toute son identité sous ce prisme-là. Le seul truc qui me gêne, c’est que la libération vient encore d’un homme.” 

Un détail du scénario qui n’en est pas un et qui est le principal bémol du film, même pour les spectatrices les plus assidues. “La première fois que j’ai regardé Dirty Dancing, je devais avoir 8 ans, se souvient Adélaïde, 36 ans. Ma grande sœur avait laissé traîner la VHS, je l’ai regardée une première fois et je n’ai pas pu m’arrêter, j’ai rembobiné et enchaîné trois fois, j’ai dû le voir 100 fois par la suite, j’ai eu la cassette de la bande-son puis le CD, mais celui avec tous les morceaux, pas que les principaux. Ce film nous a montré qu’une ado pouvait avoir une opinion et une décision, mais je trouve que, comme Pretty Woman, il nous a plutôt embourbées dans la recherche du prince charmant qui nous aide à nous épanouir, notre pygmalion bad boy au grand cœur grâce à qui on devient femme et indépendante. Bébé ne devient pas femme et indépendante toute seule ni grâce à ses copines mais grâce à son mec.”
Une vision que partage Violaine Schutz, journaliste free lance (Jalouse, Elle, Tsugi). “Déjà, ce surnom, Bébé, est paternaliste. Elle se réalise grâce à un homme, et les valeurs qui sont véhiculées sont la famille, l’amour, etc… Si ça sortait aujourd’hui, on ne trouverait vraiment pas ça fantastique, je pense. Si on veut se refaire un film culte de la décennie, il vaut bien mieux revoir le superbe et plus moderne Point Break avec Patrick Swayze.”

“Je me fais la scène finale pour le plaisir de constater qu’après un travail acharné et des moments compliqués, l’amour est plus fort que tout.”

Soit, mais si Dirty Dancing a traversé le temps, ce n’est certainement pas grâce à l’histoire d’amour ni à la qualité des dialogues – dont la version française a été volontairement caricaturée par les doubleurs de l’époque qui prenaient des libertés sur les séries B aujourd’hui inenvisageables. Ce sont bien les scènes de danse, osées même pour les années 80, qui l’ont fait entrer dans l’histoire. “Dirty Dancing arrive forcément dans les top 10 des films de danse, confirme Claudine Colozzi, autrice de L’Encyclo de la danse. Ce sont vraiment les acteurs qui dansent, Jennifer Grey a dû tout apprendre pour le rôle, et il y a d’ailleurs un parallèle avec son personnage dans le film, qui galère, parce que ces danses de couple sont difficiles. Aujourd’hui, on les redécouvre grâce à Danse avec les stars, mais il ne faut pas oublier que Dirty Dancing a déringardisé le mambo en le faisant danser par des jeunes, de façon extrêmement sensuelle. Le film était en avance sur le boom de la salsa et des danses latines de la fin des années 90, qui n’ont pas disparu depuis.”

L’émancipation par le travail

L’acharnement de Bébé à progresser est certainement l’un des aspects les plus actuels du film et mériterait sans doute d’être cité en exemple dans toutes les conférences sur la carrière des femmes et l’autocensure au féminin. Rien n’est gagné pour elle, mais elle surmonte ses peurs face à l’obstacle, et sa détermination à réussir lui permettra de gravir la montagne mambo, et accessoirement la montagne Patrick Swayze. Un message qu’aime à se rappeler Adélaïde. “J’ai eu beaucoup de mal à revoir ce film pendant des années tellement je le connaissais par cœur, mais depuis quatre ou cinq ans, parfois je me fais la scène finale pour le plaisir de constater qu’après un travail acharné et des moments compliqués, l’amour est plus fort que tout.”

Pour Alice Pfeiffer, ce qui fait la modernité de Dirty Dancing, c’est aussi le discours de classe qui sous-tend l’intrigue. Au-delà de l’émancipation d’une femme, elle y voit la critique d’un patronat pas tendre, d’une bourgeoisie aveugle, mais l’idylle des protagonistes rend possible la rencontre entre des milieux qui ne se côtoient pas. “Dirty Dancing dénonce le mépris de classe, et en cela je trouve que le dialogue entre Bébé et sa famille est la partie la plus intéressante. À quelle norme répond-elle ? Celle de la féminité ou celle de la bourgeoisie ? Patrick Swayze incarne quelqu’un de plus épanoui, dont le corps est en mouvement, et qui gravite dans la sphère artistique. Oui, le film repose sur des clichés problématiques associés à la débauche, la sueur, une forme de fantasme de la classe ouvrière. Mais il raconte l’histoire d’une émancipation qui passe par le corps. Rien que le mot ‘dirty’ dans le titre renvoie à l’idée de femme impure, mais que Bébé va revendiquer comme une force, elle se réapproprie le slut shaming.”

Une référence générationnelle

Pour la scénariste Flora Desprats-Colonna, il ne fait aucun doute que ce film est une référence cinématographique et qu’il a influencé et politisé son travail. “Pour moi, Dirty Dancing restera associé à mon premier cours de scénario, raconte-t-elle. J’ai déjà 28 ans, je connais le film par cœur. Le prof nous demande de choisir un bon film qu’on connaît bien pour expliquer l’évolution des personnages, les sous-intrigues, les turning points etc… Je pense d’abord à Amadeus, Le Septième Sceau, Le Mépris. Puis non, merde, ce sera Dirty Dancing. Je passe trois jours dans mon coin à faire tous les exercices puis arrive le dernier jour où l’on doit faire l’analyse du film devant les autres. En effet, la selecta était plus Amadeus, Sur la route de Madison, bref des trucs un peu chic… Mais j’ai réussi à convaincre mon prof et les élèves grâce à ma parfaite connaissance des dialogues et des mouvements de danse de Dirty Dancing.”

“Dirty Dancing place les femmes et l’entraide féminine au centre de tout.”

En attendant la réhabilitation des cinéphiles et la projection du film au Women’s Forum, nul doute que les fines connaisseuses de Dirty Dancing, qui ont grandi à une époque où Netflix n’existait pas et où on regardait jusqu’à l’usure ses cassettes vidéo, en ont fait pour la plupart une référence dans leur vie de tous les jours et dans la construction de leur féminité. “Le film ne se revendique pas féministe, mais il fait mieux que ça, il place les femmes et l’entraide féminine au centre de tout, décrypte Camille, 37 ans. Et puis Bébé dit qu’elle veut voyager et explorer le monde avant tout, même le happy end est ouvert et n’entrave pas sa liberté, alors, oui, ce film a fait de moi une femme féministe.”
La scène finale est d’ailleurs atypique puisqu’on y voit un héros doté de tous les attributs de la masculinité classique rendre hommage à une femme, mineure qui plus est, dont il dit publiquement qu’elle lui a donné une leçon de vie sur le courage et la libre parole. Le pygmalion n’est peut-être pas celui que l’on croit, il est peut-être même un peu loser, et le célébrissime porté que l’on voit à l’écran quelques minutes plus tard est probablement à réinterpréter. “On ne sait pas qui apprend le plus chez l’autre, et en ça, Dirty Dancing offre un message féministe, conclut Alice Pfeiffer. Bébé repartira de ses vacances enrichie, et Johnny aussi. On ne sait pas s’ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants car le film ne s’achève pas sur une scène où il lui passe la bague au doigt, on voit juste une fille évoluer et ne pas reproduire le schéma de ses parents.” Une fille à laquelle on peut s’identifier et qui donne envie d’apprendre à danser. Rien que pour ça, on ne remerciera jamais assez Bébé
Cet article a été intialiement publié sur Cheek Magazine.



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Publish date : 2019-09-06 11:36:01

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[Vidéo] Face à Jean-Jacques Bourdin, Tariq Ramadan compare son cas à l’affaire Dreyfus

[Vidéo] Face à Jean-Jacques Bourdin, Tariq Ramadan compare son cas à l’affaire Dreyfus




Fallait-il inviter Tariq Ramadan ? Cette question lancinante s’impose comme une évidence, surtout après l’écoute de son passage chez Jean-Jacques Bourdin, sur RMC et BFM, ce 6 septembre. L’islamologue controversé, mis en examen pour viols, prenait la parole pour la première fois depuis l’éclosion de cette affaire, en février 2018.
Libéré en fin d’année dernière, après dix mois de détention provisoire, le prédicateur s’est dit “victime d’un traquenard”, alors qu’il publie un livre le 11 septembre dans lequel il ne fait pas de mea culpa sur sa double vie, comme le rapporte Libération.
Pour rappel, comme le précise l’AFP, il est actuellement mis en examen pour deux viols en France, sous le coup d’une enquête suite aux accusations d’une troisième femme, ainsi que visé depuis cet été par une quatrième plainte pour “viol en réunion”. Deux autres femmes ont également porté plainte contre lui à l’étranger, en Suisse et aux Etats-Unis.
Tariq Ramadan, mis en examen pour viol: “je suis victime d’un traquenard” pic.twitter.com/E3QkXVR5LE— BFMTV (@BFMTV) September 6, 2019

“Rappelez-vous : la France de 97”

Pendant une demi-heure, Tariq Ramadan a nié en bloc les accusations de viols, estimant avoir fait l’objet d’un “tribunal médiatique et populaire”. Selon lui, il n’a exercé aucune “emprise” sur ses accusatrices, et plaignantes. Il va même jusqu’à comparer sa situation à l’affaire Dreyfus, en déclarant : “Rappelez-vous : la France de 97 [1897, ndlr], contre Dreyfus, unanimement, avait tort.” Pour rappel, le capitaine Alfred Dreyfus avait été accusé de trahison, dans un contexte propice à l’antisémitisme, avant d’être innocenté.

Le prédicateur a donc décidé de se présenter en victime de discriminations, manière de persuader que le dossier contre lui serait vide sur le fond. Il va ainsi jusqu’à dire : “La définition de l’emprise est devenue extensive. Dans le cas Ramadan, une femme consentante peut être violée avec son consentement. Cette définition ne fonctionne que pour les Ramadan”.

>> A lire aussi : Tariq Ramadan accusé de viol en Suisse

Plus tard, il insiste encore, se présentant même comme victime de racisme : “Dans le cas de Tariq Ramadan, quand une femme lui dit oui, elle est violée avec consentement. Mais quand vous avez reçu M. Hulot, M. Darmanin, on a dit qu’un homme, quand il ne sait pas que la femme ne veut pas, ce n’est pas un viol. On a étendu la signification d’‘emprise’pour Ramadan. C’est comme s’il y avait une définition pour Ramadan, et sans doute pour les noirs, sans doute pour les Arabes, sans doute pour les musulmans.”
Tariq Ramadan mis en examen pour “viol”: “Dans le cas Ramadan, une femme consentante peut être violée avec son consentement” pic.twitter.com/BYXQOteZZ3— BFMTV (@BFMTV) September 6, 2019

“J’ai toujours défendu la cause des femmes”

Il admet cependant avoir menti à la police sur sa double vie, pour se “protéger et protéger sa famille”. Il a donc présenté des excuses à sa famille, “et à Dieu”. Mais il affirme qu’il n’y a pas de viols, allant même jusqu’à déclarer : “J’ai toujours défendu la cause des femmes.”
Mis en examen pour “viol”, Tariq Ramadan concède avoir menti avant d’admettre des relations sexuelles consenties pic.twitter.com/pyCj2hpz5B— BFMTV (@BFMTV) September 6, 2019

Le collectif féministe Nous Toutes ne voit pas les choses ainsi. “Tariq Ramadan est visé par 6 plaintes pour violences, viols et viols en réunion. Monsieur Bourdin, en l’invitant à votre micro, vous insultez toutes les femmes en France qui ont été ou sont victimes de violences. C’est dégueulasse. Soutien aux victimes”, a-t-il tweeté. D’autres internautes ont également eu des réactions de colère après ses déclarations.
Tariq Ramadan est visé par 6 plaintes pour violences, viols et viols en réunion.
Monsieur @JJBourdin_RMC, en l’invitant à votre micro, vous insultez toutes les femmes en France qui ont été ou sont victimes de violences.
C’est dégueulasse.
Soutien aux [email protected] @BFMTV— #NousToutes (@Nous_Toutes) September 6, 2019

Ramadan en énorme pervers narcissique – face à un Bourdin peu précis – qui termine son intervention en rappelant le sort de Dreyfus. Ce n’est pas seulement de l’inversion victimaire, c’est de la dégueulasserie politique. Qu’il dégage de nos luttes contre le racisme.— Marie Peltier (@Marie_Peltier) September 6, 2019

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Publish date : 2019-09-06 11:38:32

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