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Malgré la répression et l’homophobie, ce bar est le refuge de la fête queer en Turquie

Malgré la répression et l’homophobie, ce bar est le refuge de la fête queer en Turquie




Le DJ porte une brassière et un mini-short. Devant lui, un couple de garçons s’enlacent tendrement, quand une personne, le visage entièrement maquillé en blanc, se lance sur la barre de pole dance. Derrière, une jeune femme sirote sa bière en regardant d’un œil amusé la foule se déchaîner sur la piste.
Il est 3 heures du matin et la Turquie semble bien loin. On se refile l’adresse avec un sourire entendu. “Y’a un bar super à Beyoglu. Faut être ouvert d’esprit. Et venir tard”. A Istanbul, alors que nombre de débits de boissons ferment, que les lieux festifs et “queer friendly” se comptent sur les doigts d’une main, le Bigudi fait office d’îlot de liberté.

(Cerise Sudry-Le Dû)
Installé dans “la rue des bars”, près de Taksim, il est réservé aux connaisseurs : son nom est affiché discrètement à côté de la porte d’entrée. Il faut ensuite monter cinq étages pour y arriver.

“Je voulais un espace pour nous”

Dès l’entrée, la “couleur” est affichée. Un immense panneau détaille toutes les orientations bienvenues : “Androgyne”, “polyamoureux”, “fluide”… “Pendant dix ans, ça a été un bar réservé aux femmes, raconte Adar Bozbay, sa fondatrice. Puis, la terminologie LGBT évoluant en LGBTQ, puis LGBTQI +, je n’avais plus envie de mettre des étiquettes sur les gens. Après tout, qui suis-je pour dire à quelqu’un avec une moustache qu’il ne peut pas entrer ? Et s’il se définit autrement que comme un homme ?” 

Adar Bozbay devant le panneau de l’entrée, symbole de l’ADN “ouvert à tous” de son bar (Cerise Sudry-Le Dû)
Le Bigudi, c’est son bébé. Voilà douze ans maintenant qu’elle tente de gérer ce minuscule établissement sur les hauteurs de la rive européenne, malgré les coups de pression du gouvernement.

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Il y a douze ans, Istanbul était encore effervescente et les noctambules passaient la nuit de toit en toit. Ça n’empêchait pas la police de passer une tête régulièrement au Bigudi. “On a eu quelques contraventions, pour tapage nocturne ou non-respect de l’interdiction de fumée. Un bar lesbien, en 2007 en Turquie, ce n’était pas commun”. C’est dire : même ses parents, au courant de l’orientation sexuelle d’Adar – elle se définit en tant que “femme queer” – ne comprennent pas bien le concept de “bar réservé aux femmes”.
“Ils se disaient que les femmes ne dépensaient pas d’argent dans les bars, vu que c’étaient les hommes qui payaient, sourit-elle. Ils avaient peur que je ne gagne rien.” L’idée lui est venue alors que, finissant l’université avec une amie, elles sortent prendre un verre. “Il n’y avait que des bars gays. Les seuls qui avaient des espaces réservés aux femmes devenaient mixtes en fin de soirée. C’est comme ça que je me suis dit que j’allais créer quelque chose pour nous.”

Une répression accrue

Encore toute jeune femme, Adar doit jongler avec la gestion d’un bar et l’identité transgressive de ses clientes. D’autant plus que le gouvernement ne prêche pas pour la tolérance. En douze ans d’ouverture, la condition des LGBTQI+ s’est même aggravée en Turquie. “La présidence des affaires religieuses [Diyanet, ndlr] a même dit que les queer étaient des psychopathes. La pride est réprimée. Ils ne veulent pas montrer des gens différents aux conservateurs, aux touristes…”

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Impossible en voyant Adar de deviner que cette femme, aux cheveux courts et vêtements passe-partout, est gérante d’un des bars les plus novateurs de la ville. “Je ne bois pas d’alcool, précise-t-elle en sirotant son café. Et à l’époque, je n’y connaissais rien ! Même pas le prix d’une bouteille de bière !” Mais elle ne baisse pas les bras. Les attentats permanents qui ensanglantent la ville et la politique toujours plus conservatrice du gouvernement touchent son bar de plein fouet. Mais elle tient bon.

(Cerise Sudry-Le Dû)
“En 2015-2016, parfois on faisait des soirées avec même pas dix personnes. C’était très dur, reconnaît-elle. Et aujourd’hui, avec les taxes sur l’alcool et celles qu’on doit payer en tant que débit de boissons… Beaucoup de bars ont fermé.” Nous jetons un coup d’œil à la baie vitrée qui recouvre tout un pan du bar. Au 5e étage, la vue est imprenable sur les établissements voisins, d’anciens bars dansants, transformés en restaurants, en bars à chicha ou tout simplement vides.

“Tant que les femmes ou les Kurdes n’auront pas l’égalité, je continuerai”

Touche à tout, Adar est aussi auteure de plusieurs livres, réalisatrice de courts-métrages, et réalise un documentaire sur la romancière Asli Erdogan, emprisonnée puis exilée en Allemagne. Actuellement en plein montage, elle jongle entre les horaires d’ouverture de son bar et les séances sur son ordinateur, avec sa compagne, qui la seconde. “Asli est très importante dans la littérature turque, ses mots ont eu un vrai impact sur moi, explique-t-elle. Elle est considérée comme une ‘Turque blanche’ : elle n’aurait pas besoin d’écrire sur les Kurdes ou les prisons. Mais elle le fait, elle n’a pas peur. C’est inspirant”. Originaire de l’Est de la Turquie, dans les territoires kurdes, Adar revendique clairement son identité. “Oui je dis que je suis Kurde. C’est important d’être visible”.
Aujourd’hui, Adar est reconnue dans le milieu. “On a déployé un immense drapeau pour la marche des Fiertés”, dit-elle en brandissant son téléphone pour nous montrer la photo. Elle héberge aussi des ateliers drag kings, projette des documentaires et monte des ateliers-débats. “Si je n’avais pas à lutter, peut-être que je fermerais. Mais tant que les personnes queers n’auront pas l’égalité, tant que les femmes ou les Kurdes ne l’auront pas non plus, je continuerai.”
C’est peut-être la seule bonne nouvelle dans cette période noire pour la Turquie : que le Bigudi reste ouvert.

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Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/10/25/actualite/monde/malgre-la-repression-et-lhomophobie-ce-bar-est-le-refuge-de-la-fete-queer-en-turquie/

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Publish date : 2019-10-25 10:08:56

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Vandana Shiva : “Les Gilets Jaunes et Extinction Rebellion doivent s’asseoir côte à côte”

Vandana Shiva : “Les Gilets Jaunes et Extinction Rebellion doivent s’asseoir côte à côte”




C’est une rock star écolo en sari. Vandana Shiva, éco-féministe et figure mondiale de la contestation contre les OMG, était de passage à Paris pour présenter son dernier livre, 1 % – Reprendre le pouvoir face à la toute-puissance des riches (éd. Rue de l’échiquier). Avec ses longs cheveux ramenés en chignon et son traditionnel Bindi sur le front, cette femme déterminée ressemble trait pour trait à l’image que l’on se fait d’elle. Cela fait plus de 40 ans que cette ex-étudiante en physique et en philosophie des sciences bataille contre le brevetage du vivant, mais aussi contre la prédation des multinationales agroalimentaires. Passionnée par la nature depuis sa naissance en Inde, en 1952, elle s’engagera vite aux côtés de femmes illettrées du nord de l’Inde, qui luttent contre la déforestation, en enlaçant les arbres.
Autrice de plusieurs ouvrages, elle cloue au pilori dans son nouvel essai les puissants milliardaires américains comme Bill Gates (Microsoft), Warren Buffett ou encore Mark Zuckerberg (Facebook); “ces dictateurs” des temps modernes écrit-elle, qui utilisent leur fortune pour faire du philantrocapitalisme. Un moyen de contourner les structures démocratiques et d’imposer leur vision d’une certaine société selon celle qui, en 1993, recevait le prix Nobel alternatif et était en 2010 identifiée comme l’une des “7 féministes les plus puissantes du monde” par Forbes.
Mais ses positions radicales et son discours sans concession lui attirent également de nombreuses critiques. On l’accuse de naïveté, d’idéalisme et d’être anti-modernité. Des attaques auxquelles elle fait face depuis des années avec patience et abnégation. Rencontre avec une femme inspirante et résolue.
Pourquoi avez-vous décidé d’écrire sur le philantrocapitalisme des “1 %” ?
Vandana Shiva – L’idée de ce livre est née à Paris, durant la conférence mondiale pour le climat, en décembre 2015. Tous ces milliardaires tournaient autour des chefs d’Etats, et les journaux passaient leur temps à relayer ce que Bill Gates et Mark Zuckerberg disaient, à savoir que la technologie était la solution à tout. Peu après, Bayer a racheté Monsanto [sociétés financées par la Fondation de Bill Gates, ndlr] Nous nous sommes donc demandé comment cette situation était possible. Il n’y a plus de séparation aujourd’hui entre l’information, l’industrie, la technologie. Tout cela a fusionné.



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/10/25/actualite/societe/vandana-shiva-les-gilets-jaunes-et-extinction-rebellion-doivent-sasseoir-cote-a-cote/

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Publish date : 2019-10-25 11:19:23

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La rappeuse Ana Tijoux : “Le Chili n’était pas endormi, il était anesthésié”

La rappeuse Ana Tijoux : “Le Chili n’était pas endormi, il était anesthésié”




Depuis le 14 octobre, le Chili est secoué par une crise politique et sociale d’une ampleur inégalée depuis des décennies. Alors que le président Sebastián Piñera a été contraint de faire quelques annonces sociales, alors qu’il avait déclaré le pays en “état de guerre”, la rue ne semble pas avoir l’intention de plier. Ana Tijoux, rappeuse engagée, se fait l’écho de la violence policière qui a fait dix-huit morts dans les émeutes dans le morceau Cacerolazo, dont une version longue va sortir entre dimanche 27 et lundi 28 octobre. Elle rend hommage aux jeunes collégiens, lycéens et étudiants chiliens qui ont réveillé le pays.

>> A lire aussi : Un récit de la violence policière à Santiago du Chili

Comment as-tu vécu les événements depuis la mi-octobre ? A ton avis, cette explosion sociale était-elle prévisible ?
Ana Tijoux – Au moment où le mouvement a explosé j’étais en France. Je suis arrivée il y a une semaine et demie à Santiago. Mais j’étais hyperconnectée aux réseaux sociaux dès le début, donc d’une certaine manière j’étais là-bas. On sentait que ça pouvait arriver, et on attendait que ça arrive. Il y avait une sensation de rage contenue à différents niveaux, pour de meilleures retraites, une meilleure éducation publique, un meilleur système de santé… Les collégiens et les lycéens qui ont commencé à protester contre la hausse du ticket de métro ont tout fait péter. Il faut bien comprendre : ce ne sont pas les 30 pesos qui sont en cause, mais trente ans d’abus économiques ! Ce n’est pas seulement le transport public, c’est la privatisation de la vie, le manque de dignité, le manque de justice ! L’assassinat de Camilo Catrillanca, qui roulait à 10km/h sur son tracteur dans une communauté mapuche quand il a été tué, en témoigne. Le système néolibéral capitaliste, instauré depuis l’époque du pinochetisme, est à l’origine de ça.
BASTA | BASTA POR FAVOR!! PAREMOS ESTO
Carabinero -GOLPEA BRUTALMENTE con su bastón- a un niño que participaba de #EvasionTodoElDia

Hagamos viral. nos ayudas @tv_monica @metrodesantiago @meganoticiascl @CHVNoticias @[email protected] @CNNChile pic.twitter.com/rKJHFeTa0k— PIENSA.PRENSA (@PiensaPrensa) October 18, 2019

Tu penses que le Chili ne s’est jamais vraiment remis de la dictature de Pinochet ?
Oui, totalement. Comme je le disais, ce mouvement s’oppose à trente ans d’abus de ce gouvernement et des gouvernements antérieurs, qui sont tous complices depuis la dictature. La privatisation du système public durant la dictature a eu une continuité dans cette pseudo-démocratie, qui l’a même approfondi. Une richesse immense a été accaparée par dix familles au Chili avec la complicité de la dictature, des médias, etc. C’est une pyramide infernale.
Les images de violence policière depuis le 18 octobre sont terribles vues d’ici. C’est ce qui t’a poussé à écrire cette chanson et à réaliser cette vidéo ?
L’action immédiate était nécessaire, il n’y avait pas à se poser de questions. Dans mes morceaux, je ne dis rien de nouveau, je n’invente rien. Je fais un mix de choses que demandent les gens. J’ai commencé à faire de la musique pour ça, je n’ai pas fait des études particulières, j’avais un besoin, un truc à dire, à exprimer.
#ChileDespierto #ChileEnResistencia #PineraDictador

“Maldito el Soldado que Vuelva las Armas de la República contra su Pueblo.”

Simón Bolívar pic.twitter.com/27EVoVo4o9— Chema (@DonSatanas) October 25, 2019

Le mouvement actuel est-il encore plus résolu que le grand mouvement étudiant historique de 2011 ?
Oui, il est plus colérique. En 2007 il y a eu ce qu’on a appelé la “revolución pingüina”, en référence aux uniformes des élèves du secondaire. Puis il y a eu le mouvement étudiant de 2011. Aucun des deux n’a été écouté, pas plus que le mouvement mapuche au sud du Chili. Ce mouvement est la jonction de plusieurs luttes accumulées depuis des années.
Dans cette vidéo, on voit essentiellement des scènes de violence policière. Tu souhaitais que ces images apparaissent, alors qu’elles ne sont pas forcément relayées dans les médias ?
Oui, et encore, nous n’avons mis que 1 % de la violence réelle, pour éviter que cette vidéo ne soit censurée. Il y a des tortures, des violations des droits de l’homme. C’est réel.

Officiellement, dix-huit personnes ont été tuées. Tu penses que la réalité est pire ?
Oui, on ne sait pas combien de jeunes de quartiers, des poblacion, ont été torturés, combien de filles ont été violées. Le service des médecins légistes a eu pour consigne de ne pas donner d’informations. L’Institut national des droits de l’homme tente de rassembler toutes les informations, mais il y a tellement de signalements d’abus de violence, qu’on ne se rend pas encore compte. Sur certaines vidéos, on voit des militaires tirer à trois mètres de distance sur des gens alors qu’ils ont les mains en l’air ! C’est très lourd.
#Chile. Están masacrando al pueblo chileno en especial a los jóvenes.
Al mejor estilo cobarde de la Escuela de las Américas, bien entrenados en manos de la CIA para aplastar las masas, éste militar dispara a un fotorreportero, a 3 metros de distancia.pic.twitter.com/lemEFMb5U9— Adel El Zabayar (@Zabayar) October 21, 2019

Les annonces faites par Pinera le 22 octobre ont-elles eu pour effet de calmer la colère ?
Non, car il est totalement débordé, c’est évident. Un enregistrement audio de sa femme, Cecilia Morel, est apparu il y a quelques jours, qui témoigne de cela : elle parle d’“invasion étrangère, extraterrestre”, à propos des manifestants ! C’est ainsi qu’elle traite le peuple. C’est comme ça qu’ils parlent. Ses mesures, tout le monde en rigole. Au quotidien, ce qui se passe actuellement, c’est que les militaires sont dans la rue en train d’assassiner les gens.
Tu rends hommage dans ton titre à des personnes disparues récemment, victimes de la répression, mais aussi aux étudiants de l’ACES (Asamblea Coordinadora de Estudiantes Secundarios). Qu’est-ce qu’ils incarnent pour toi ?
Pour moi, l’ACES est le mouvement le plus révolutionnaire qui est apparu ces dernières années parmi les organisations populaires. C’est une organisation qui regroupe les étudiants les plus jeunes, des collégiens et des lycéens. Ils ont l’âge de mon fils, entre douze et dix-huit ans. Ils ont occupé leurs écoles, leurs collèges, en exigeants une éducation publique de qualité. Ils ont organisé de manière souterraine ce qui arrive. Ils n’ont pas été écoutés, car on dit d’eux qu’ils doivent se former politiquement, mais ils sont tellement politisés de manière naturelle, vis-à-vis de leur réalité ! C’est pour ça que je leur dédie cette chanson. Le Chili n’était pas endormi, il était anesthésié. C’est la ACES qui l’a sorti de sa torpeur.
Propos recueillis par Mathieu Dejean



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Publish date : 2019-10-25 18:23:56

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La laïcité est-elle réellement menacée au sein du Planning familial ?

La laïcité est-elle réellement menacée au sein du Planning familial ?




“Basculement vers le relativisme religieux”, “entrisme”… Publié fin septembre, un article de Charlie Hebdo tire à boulets rouges sur le Planning familial, qu’il accuse d’être en passe de renoncer au principe de laïcité. En cause, un document interne qui présente différents objets de débats en amont du congrès national qui doit se tenir à Niort du 25 au 27 octobre. Parmi les thèmes abordés, la question de l’intersectionnalité, terme qui désigne la prise en compte de multiples discriminations subies par une personne ou un groupe de personnes et qui est de plus en plus utilisé dans le militantisme féministe. Pour l’hebdomadaire, l’organisation, qui défend le droit d’accès à la contraception et à l’IVG, est ni plus ni moins en train de revenir sur ses fondements.

Des révélations contestées

Véronique Séhier, co-présidente du Planning familial commence à avoir l’habitude de ces controverses. Selon elle, cela fait trois ans que Charlie Hebdo s’acharne. Plus récemment, c’est Le Point qui dénonçait des “errances” de l’organisation. “On en a un petit peu marre de cette polémique”, affirme-t-elle aux Inrocks. Pour elle, l’article en question se base sur des “on-dit” et des “ragots”. “Au Planning familial, on est traversé par un certain nombre de débats. Le fait que ces débats aient lieu, ça voudrait dire qu’on est ‘gangrené’ ?”, s’étonne-t-elle. “Charlie Hebdo a effectivement sorti un texte interne issu de toutes les propositions des associations départementales, car oui, c’est comme ça que l’on travaille ! Ce n’est pas le bureau national qui définit la ligne du Planning, c’est une ligne qui part des réalités de terrain, qui donne la parole à toutes les associations départementales.” Pour Véronique Séhier, cet article révèle une profonde méconnaissance du fonctionnement du Planning familial et de la façon dont sont menées les réflexions en interne.
“Qui veut tuer le planning ? et pourquoi ?”, a répondu vertement l’organisation après la publication de l’article. “Diffuser le texte interne de synthèse préparatoire au débat de notre mouvement, et l’utiliser pour faire un scoop et remuer la fange est éthiquement répugnant”, peut-on lire dans le communiqué du 5 octobre qui déplore une énième attaque à l’encontre du mouvement. Attaque qui a suscité des réactions en haut lieu : la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a fait parvenir un courrier au Planning familial mais aussi à l’hebdomadaire Marianne, demandant expressément des explications. Les deux parties se sont finalement rencontrées le 11 octobre, entretien à l’issue duquel la secrétaire d’État a “réaffirmé le soutien du gouvernement français aux actions du Planning familial”. Affaire réglée ?

Lire aussi >> Marion Maréchal-Le Pen en croisade contre le Planning familial

Sur le terrain, des certitudes et des questionnements



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Publish date : 2019-10-25 17:18:52

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Emmanuel Macron : “Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire”

Emmanuel Macron : “Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire”




Lors de son passage à Saint-Denis à la Réunion, ce jeudi 24 octobre, le président s’est enfin exprimé sur le voile. C’est la chaîne Réunion la 1ère qui l’a interpellé sur le sujet, en réaction aux polémiques qui agitent le débat public depuis qu’une femme qui portait le voile s’est faite agresser par un élu du Rassemblement national, lors d’un conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.
“Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire. C’est ça, la laïcité. Le port du voile dans les services publics, à l’école, quand on éduque nos enfants, c’est mon affaire. C’est ça, la laïcité”, a estimé Emmanuel Macron.
Le président a déclaré que dans les services publics, “il y a un devoir de neutralité. Quand on éduque nos enfants, on demande qu’il n’y ait pas de signe religieux ostentatoire. Après, ce qui se passe dans l’espace public, ce n’est pas l’affaire de l’État ou du président de la République”.

>> A lire aussi : Port du voile : comment nos politiques sont en train de “légitimer un discours excluant”

Un positionnement en accord avec la législation qui autorise les femmes portant un foulard à accompagner des enfants en sorties scolaires – celles-ci n’étant pas considérées comme des agents auxiliaires du service public – et à le porter dans l’espace public.
En revanche, cette nouvelle a vivement fait réagir la droite et son extrême à commencer par la présidente du RN, Marine Le Pen, qui souhaite une loi visant à étendre l’interdiction du port du voile “dans l’intégralité de l’espace public”.
#voile
“Si le voile n’est pas l’affaire d’Emmanuel Macron, alors la burqa ce n’est pas son affaire non plus, le burkini, les prières de rues non plus”
🎙️ @J_Bardella vice-pdt du @RNational_off #BourdinDirect pic.twitter.com/wWRA6Aa3ax— RMC (@RMCinfo) October 25, 2019

La déclaration d’@EmmanuelMacron est d’une bêtise crasse. Bien entendu, ce qui se passe dans « l’espace public » est du ressort des pouvoirs publics https://t.co/4BnktingJ6— W. de SAINT JUST (@wdesaintjust) October 24, 2019

L’argument du communautarisme

Le chef de l’Etat s’était déjà exprimé au sujet du communautarisme, le 16 octobre dernier, à l’occasion du conseil des ministres franco-allemand à Toulouse, il avait alors déclaré : “Le communautarisme, ce n’est pas le terrorisme, il faut distinguer ces deux notions. [Le communautarisme], c’est la volonté de faire sécession dans la République, au nom d’une religion, mais en la dévoyant”.
Face aux journalistes de Réunion la 1ère, Emmanuel Macron a affirmé que “le voile est utilisé dans certaines circonstances, certains quartiers, par certains, comme instrument de revendication et de séparatisme dans la République, qu’on appelle communautarisme”. Le chef de l’Etat a ensuite ajouté : “Il y a aujourd’hui des femmes et des hommes qui disent “de par ma religion je n’adhère plus aux valeurs de la République, je sors mon enfant de l’école, je refuse qu’il aille se baigner avec d’autres (…) et au nom de ma religion je porte un autre projet politique”. Et ça, c’est un problème pour moi, avec une revendication qui devient politique”.
Avant de conclure : “Je demande à nos concitoyens de respecter toutes les lois de la République, mais je n’ai rien à dire sur leur vie spirituelle.”

>> A lire aussi : [Vidéo] Guillaume Meurice tourne en dérision “la menace du voile” et c’est très drôle




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Publish date : 2019-10-25 11:20:37

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Dès 2020, les trottinettes électriques n’auront plus leur place sur les trottoirs

Dès 2020, les trottinettes électriques n’auront plus leur place sur les trottoirs




L’usage des trottinettes est enfin régulé par le Code de la route. Une bonne nouvelle pour les piétons qui partageaient jusqu’alors leur espace avec ces deux roues. C’est un texte publié au Journal officiel, ce vendredi 25 octobre, qui a réglementé les droits et les devoirs des utilisateurs de cette nouvelle catégorie de véhicule. Selon l’AFP, le texte, destiné aux usagers, aux collectivités territoriales et aux forces de l’ordre, sera applicable dès le 1er juillet 2020.
Toujours d’après l’Agence France Presse, il a pour objet de “définir les caractéristiques techniques et les conditions de circulation des engins de déplacement personnel” comme les gyroroues et les hoverboards.

>> A lire aussi : Paris déclare la guerre aux trottinettes électriques

Circulation sur les pistes cyclables

Première (bonne) nouvelle pour les piétons : les utilisateurs de trottinettes devront rouler sur les pistes cyclables, sous peine de payer 135 euros d’amende. Le texte précise cependant qu’ils pourront rouler exceptionnellement sur les trottoirs, “à condition qu’ils respectent l’allure du pas et n’occasionnent pas de gêne pour les piétons”.
Aussi, le décret prévoit que les conducteurs de ces engins devront être âgés d’au moins 12 ans. Il sera également interdit de “pousser ou tracter une charge ou un véhicule” ou de “se faire remorquer par un véhicule”.

>> A lire aussi : Rencontre avec les “juicers” qui sillonnent les rues de Paris la nuit pour recharger des trottinettes

Vitesse maximale à 25 km/h

Pour les amateurs de vitesse, le décret rappelle qu’il est interdit de dépasser les 25 km/h avec une trottinette électrique. Les utilisateurs risquent ainsi de payer “jusqu’à 1 500 euros” en cas d’excès de vitesse et “3 000 euros en cas de récidive”.



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Publish date : 2019-10-25 14:08:26

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L’UE rejette un texte renforçant le sauvetage des migrants : Glucksmann “en colère”

L’UE rejette un texte renforçant le sauvetage des migrants : Glucksmann “en colère”




Tristesse, colère et honte : voilà les qualificatifs utilisés par Raphaël Glucksmann dans un post publié sur son compte Facebook, jeudi 24 octobre. Le député européen semble en effet très amer du rejet par le Parlement européen d’une résolution portée par Place publique, mouvement dont il est le leader, sur la relance des opérations de sauvetage des migrants en Méditerranée. Celle-ci a été retoquée à “deux voix près” écrit-il, “deux voix sur 751”. Comme le souligne le Huffington Post, le texte n’a été approuvé que par 288 députés européens présents dans l’hémicycle, à Strasbourg, 290 parlementaires votant contre (+ 36 abstentions). Et ce, malgré “l’union de (toute) la gauche et des écologistes”.

>> A lire aussi : “Voir venir” de Mathieu Potte-Bonneville et Marie Cosnay : un beau dialogue sur l’hospitalité

De quoi, pour l’homme politique avoir “atrocement honte” : “Quand on perd à deux voix sur un texte aussi important, qui touche à la vie et à la mort de tant d’êtres humains, on a honte, oui. Honte pour toutes celles, tous ceux qui se noient d’abord. Honte pour toutes celles, tous ceux qui cherchent à les sauver et sont criminalisés pour cela. Honte pour les citoyennes et les citoyens qui nous ont envoyés au Parlement précisément dans le but qu’on change cette situation.”

Aujourd’hui je suis triste, immensément triste, et j’ai honte, atrocement honte.
A deux voix près – deux voix sur 751 !…Posted by Raphaël Glucksmann on Thursday, October 24, 2019

1080 personnes mortes en mer Méditerranée depuis début 2019

Le texte prévoyait notamment l’interdiction du délit de solidarité, la mise en place de corridors humanitaires ou encore des “mécanismes pérennes de répartitions des exilés sauvés de la noyade”. Pour rappel, près de 17 0000 migrants ont perdu la vie ou sont disparus en Méditerranée entre le 1er janvier 2014 et le 30 juillet 2018 selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Par ailleurs, l’institution a recensé le décès de 1080 personnes en mer Méditerranée pour l’année 2019, laquelle n’est pas encore terminée.

>> A lire aussi : Après l’Aquarius, SOS Méditerranée repart en mer pour porter secours aux migrants



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Publish date : 2019-10-25 12:39:41

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Légaliser la weed entraîne une hausse de la consommation de junk-food

Légaliser la weed entraîne une hausse de la consommation de junk-food




Si l’on s’en doutait quelque peu, les chiffres sont sans appel : l’usage de cannabis entraîne une augmentation de consommation de munchies révèle The Economist à coups de graphiques. Kézako ? Pour les non-initiés, “munchies” est un mot d’argot anglophone désignant de la nourriture à grignoter, et l’envie soudaine de manger quand on est sous l’influence du cannabis. Et la corrélation serait apparemment véridique.

>> A lire aussi : On a rencontré des usagers de cannabis thérapeutique : “Je sens de nouveau que j’ai des jambes”

Le cannabis ouvre l’appétit

C’est en tout cas ce que révèle une étude scientifique réalisée par deux chercheurs américains et publiée au mois de février dernier. Les auteurs ont ciblé les dates à partir desquelles des Etats américains ont légalisé le cannabis – qu’il soit thérapeutique ou récréatif – et ont analysé les pourcentages d’achat d’aliments hypercaloriques à partir de ce moment-là. Résultat : après la légalisation du cannabis, la consommation de glaces a augmenté de 3,1 %, celle de biscuits de 4,1 %, et celle de chips a progressé de 5,3 %.
La molécule de THC contenue dans le cannabis stimule en effet le système endocannabinoïde, la zone du cerveau dédiée notamment à l’appétit. D’où le surnom de “munchies” donné à la junk-food consommée par les fumeurs de weed. Pour le plus grand bonheur des enseignes de fast-food, qui ont également vu leur chiffre d’affaires augmenter dans les Etats qui ont légalisé le cannabis, selon une étude réalisée par l’institut Consumer Research Around Cannabis.



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Publish date : 2019-10-25 11:21:07

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Les Inrocks

Une nouvelle ZAD et une “Zone à protéger” se développent autour de Nantes

Une nouvelle ZAD et une “Zone à protéger” se développent autour de Nantes




ZAD partout. Lorsque l’on a commencé à voir ce slogan il y a quelques années, au plus fort de la lutte contre l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), on a d’abord esquissé une moue amusée. Mais aujourd’hui, alors que l’urgence écologique s’impose dans l’opinion et que la précarité, la pauvreté et les inégalités se renforcent – exemple : le taux de pauvreté qui a augmenté en 2018 -, le modèle de la ZAD a beaucoup essaimé. Des petits collectifs s’investissent un peu partout en France contre les grands projets inutiles et imposés (GPII), lesquels ont été récemment recensés par le site Reporterre. Et le pays de Retz et la Vendée, terres pourtant conservatrices et légitimistes, ne sont pas en reste.
Ainsi, à Brétignolles-sur-Mer (Vendée), certains luttent depuis 2003 contre la création d’un port de plaisance pour plus de 900 bateaux, avec notamment la construction de deux bassins d’eau de mer. Sur un terrain privé, pile en face de la plage de la Normandelière, une ZAD – “La ZAD de la Dune” – s’est ainsi installée début octobre.

Le chantier du futur port de plaisance de Brétignolles-sur-Mer se trouve à quelques mètres de l’école de voile municipale (Nicolas Mollé)
Une cabane a été construite, tandis que des extensions sont en cours de création. Les codes culturels des Gilets jaunes ont laissé des traces, de même qu’est palpable l’influence d’Extinction Rebellion. “Nous revendiquons une non-violence absolue, on est éclectiques, c’est ce qui fait notre force, on veut changer cette image de lieu fermé liée aux ZAD. Il n’y a pas que des écologistes radicaux ou des punks, les retraités nous ont beaucoup aidé, ce sont un peu nos grands-parents”, remarque une “gardienne de la dune”, comme se sont baptisés ici les occupants, qui peuvent très bien eux-mêmes posséder un bateau de plaisance ou être surfeurs.

>> A lire aussi : “Extinction Rebellion résulte d’une angoisse vitale”

Une manifestation – qui n’a ni dégénéré en violences policières, ni en crash de façades bancaires – s’est tenue le week-end du 19 octobre à La Roche-sur-Yon. L’idée : protester contre la récente déclaration d’utilité publique (Dup) entérinée par le préfet pour ce port de plaisance d’un budget estimé à 43 millions d’euros hors taxes. L’association la Vigie, qui combat depuis ses prémisses ce projet retoqué par de précédents préfets, évoque un “permis de polluer” et un “massacre” annoncé du littoral. Pour rappel, la zone humide du Marais-Girard, située à proximité, est classée zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique.

Un dialogue difficile

Le chantier prévoit en effet de couper la dune de la plage et de faire pénétrer un chenal à l’intérieur des terres, de façon à ce que les bateaux puissent entrer dans le futur port… Et ce, alors que le traumatisme de la tempête Xynthia – qui avait occasionné en février 2010 une submersion massive et causé 47 morts au total en France, dont 35 en Vendée – est encore dans toutes les têtes. “Ce port sera creusé dans une roche à onze mètres au-dessus du niveau de la mer”, tente de déminer Christophe Chabot, maire de Brétignolles, qui pousse ce dossier depuis le début de son premier mandat, en 2001. En outre, la préfecture assure que des mesures de compensations environnementales sur 150 hectares allaient être mises en place.
L’édile (sans étiquette) affirme ceci : “Le préfet nous a dit que le projet ne peut être remis en cause, seuls le Premier ministre ou le président de la République peuvent le faire”. Christophe Chabot, qui se présente comme “un petit gars de gauche portant un projet exemplaire, fils du président d’honneur du comité de soutien de François Mitterrand, en 1981”, a débuté son parcours professionnel dans l’immobilier, tissant ses réseaux de la Chambre de commerce et d’industrie locale à la présidence du club de football du coin. Il est par ailleurs dirigeant d’Akena, une entreprise spécialiste des vérandas, qui est donc amenée à travailler avec des entreprises du bâtiment. “Nous aussi, on a des charpentiers de métier”, glisse une militante de la “Bréti-Zad”. Les compagnons clouent, scient, vissent pour agrandir la salle commune.

Fresque participative réalisée par des enfants à la “Bréti-Zad” (Nicolas Mollé)
Un dortoir est déjà en place, les stocks de vivres s’accumulent : riz, soupes, couscous en boîte, brioche. A l’extérieur, une grappe de tentes est installée près de la tour de guet, tandis que 20 à 30 personnes dorment sur place. “Dès que le projet de port sera arrêté, on pliera les gaules”, assure un zadiste local, originaire des Sables-d’Olonne. “On a beaucoup à apprendre en com’ de ces gens-là, ironise Christophe Chabot. Je les envie beaucoup car, à l’inverse de nous, ils ont pignon sur rue. Mais ils ne nous empêcheront pas de faire le port. Pour l’instant, le chantier est bloqué. Soit le préfet suspend les travaux, soit nous les reprendrons lorsque nous aurons le résultat des appels d’offres, en février ou mars. Nous ne sommes pas à un mois près. Entre-temps, nous serons devenus propriétaires du terrain que les zadistes occupent et ils seront expulsés.”

>> A lire aussi : Pourquoi la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a-t-elle fait si peur à l’Etat ?

En attendant, le dialogue est difficile, les tensions exacerbées. Chaque camp déplore des menaces de mort via les réseaux sociaux, les occupants auraient même été directement inquiétés sur le terrain. “Des personnes sont passées nous dire qu’ils allaient tout brûler, raconte un zadiste. Du coup on devient un peu parano dès qu’on sent une odeur d’essence.”

Rompue aux techniques modernes de guérilla visuelle et sémantique, la “Bréti-Zad” a opté pour le slogan “Balance ton port” (Nicolas Mollé)

“Zone à protéger”

Mais il n’y a pas qu’à Brétignolles que des initiatives émergent contre des projets de construction… et que la situation dégénère. Ainsi, à Saint-Père-en-Retz (Loire-Atlantique), la tentative de mise en place d’une ZAP, pour “Zone à protéger”, sur un terrain sur lequel est prévue l’installation d’un club de surf et d’un bassin de surf artificiel – la Bergerie Surf Camp -, a suscité son lot de tensions.
Le 20 juillet dernier, en fin de matinée, alors que se préparait une manifestation d’occupation du site à l’appel de Terres Communes – un collectif paysan et d’habitants du pays de Retz qui “milite contre l’accaparement des terres” -, une trentaine d’agriculteurs et d’habitants favorables à ce projet de surf camp a en effet fait irruption avec trois tracteurs et du lisier, comme le relate Ouest-France.
“Les gendarmes qui étaient présents ont d’abord bloqué les agriculteurs, avant de cesser de les contenir. C’était hallucinant ! Ceux qui venaient s’en prendre à nous avaient des bâtons, des barres de fer, des marteaux, j’ai extirpé des malheureux de sous les pneus d’un tracteur”, relate Hubert Morice, un paysan membre du collectif. Au final, c’est l’agriculteur propriétaire du terrain, situé à dix kilomètres seulement de l’océan Atlantique, qui sera transféré aux urgences, blessé au visage.

Murs de gendarmes, gendarmes mobiles et agriculteurs face aux opposants au projet de surf park (Terres Communes)
Si depuis, un groupe de manifestants a réussi à y converger – via une manifestation dimanche 20 octobre -, plus question d’occuper le futur site d’implantation du surf park pour Terres Communes. Les militants ont à présent installé leur “ZAP la vague” sur un terrain non loin de là, à Chauvé, prêté par Hubert Morice. Mais la lutte ne s’arrête pas là, comme le souligne son fils Yoann, maraîcher bio et membre du collectif : “La bétonisation, c’est presque plus grave que l’agriculture intensive, car il faut beaucoup plus de temps pour rendre le sol concerné de nouveau fertile.”
Terres communes, devenu la bête noire de la Fnsea locale, s’alarme de la consommation d’eau de 11 050 m3 d’eau par an prévue par les porteurs du projet afin de créer des vagues artificielles – de façon à bénéficier, comme il est écrit sur le site du surf camp, d’une “vague parfaite, disponible tous les jours sur demande, quelle que soit la météo”. Et ce, alors que la Loire-Atlantique et la Vendée sont les zones de la région les plus exposées au stress hydrique.
“Si la sécheresse s’était prolongée de 15 jours cet été, Nantes aurait vécu une situation de crise aiguë vu la fragilité de ses réserves d’eau. On a bien vu l’assèchement radical des abords de la Loire en amont de Nantes, du côté d’Ancenis”, remarque Loïc de Terres Communes, qui doute par ailleurs de la pertinence d’un tel équipement pour répondre à la demande actuelle des surfeurs. Le site du surf camp avance en effet que le projet va créer des emplois et “accompagnera l’extraordinaire engouement pour les sports de glisse et formera, peut-être, les futurs champions des JO de 2 024 à Paris”, tandis que Yoann Morice, lui, estime que l’“on veut toujours créer de nouveaux besoins alors que c’est justement ce qui nous a menés dans le mur”. Comme le souligne l’AFP, la communauté de communes a décidé de déclasser les huit hectares nécessaires au surf camp, jusqu’ici considérés comme “espaces agricoles pérennes”, tandis que les porteurs du projet affirment qu’en guise compensation, douze autres hectares auraient été reclassés comme terres agricoles.

Le réseau zadiste mobilisé

Sollicité par les Inrocks, le préfet de Loire-Atlantique Claude d’Harcourt n’a pas donné suite. En revanche, les entrepreneurs derrière le projet de Bergerie Surf Camp, à qui n’a pas encore été délivré de permis de construire, sont plus loquaces. Ils seraient en pleine phase d’ajustement, notamment pour être dans les clous par rapport à l’étude environnementale à laquelle ils devront se plier. “Nous travaillons en priorité sur les consommations d’eau”, nous explique Thibault Coutansais, l’un des deux porteurs du projet, qui regrette que le conseil départemental, probablement rebuté par un Notre-Dame-des-Landes bis, ne les soutienne plus. Et ce, alors que selon lui “il avait connaissance de notre projet à travers le plan local d’urbanisme. La région est un peu propice à la contestation, parmi les opposants se trouvent d’anciens zadistes, ils ne s’en cachent même pas d’ailleurs”.
Reste que si des vétérans de Notre-Dame-des-Landes ont pu apporter leur expertise, les interconnexions sont bien plus complexes. Lesquelles reposent avant tout sur la “ZAD mobile”, un collectif nomade d’une centaine de personnes qui comprend plusieurs militants de la ZAD du Moulin, à Strasbourg. La ZAP de Chauvé a également filé un coup de main à la ZAD de Bretignolles. “La lutte n’est pas juste locale, plein de copains viennent de Paris”, ajoute Juliette, occupante de Chauvé. “Dans une période de convergence des luttes, de Gilets jaunes, on s’attaque à un symbole bourgeois, emblématique d’une certaine aisance”, résume Loïc de Terres Communes. Le collectif a aussi désormais en ligne de mire un projet de 1 10 hectares de zone industrielle à Frossay, en bord de Loire. Secteur qui avait été aussi submergé en partie il y a dix ans… par la tempête Xynthia.



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Publish date : 2019-10-25 11:00:19

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Discours de Zemmour en direct sur LCI : le CSA met en garde la chaîne et appelle à la responsabilité des médias

Discours de Zemmour en direct sur LCI : le CSA met en garde la chaîne et appelle à la responsabilité des médias




Saisi plus de 650 fois suite au discours islamophobe d’Eric Zemmour lors de la “Convention de la droite”, diffusé en direct sur LCI fin septembre, le CSA vient de rendre sa décision ce jeudi 24 octobre.
Réunis en assemblée plénière, les sages du Conseil ont statué hier et ont décidé de transmettre le dossier au procureur de la République qui a ouvert une enquête pour “provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence”.
Ils ont “fermement mis en garde LCI contre le renouvellement de manquements aux dispositions de sa convention visant “à ne pas encourager des comportements discriminatoires en raison de la race, du sexe, de la religion, ou de la nationalité […]”, et à conserver “en toutes circonstances la maîtrise de son antenne.””
Il ne s’agit donc pas d’une sanction mais d’un avertissement. Des sanctions pourraient être envisagées (amendes, suspension d’antennes…) si des faits similaires se reproduisaient.

“La responsabilité des médias audiovisuels”

Diffusion du discours de #Zemmour sur LCI
LCI “fermement mise en garde”, le procureur de la République de Paris saisi
Le communiqué du CSA 🔽 pic.twitter.com/Klzv531Euj— Pierre Dezeraud (@PierreDzrd) October 24, 2019

En réaction à la présence quotidienne du polémiste sur CNews et des polémiques qu’il a déjà déclenchées, le CSA a formulé une sorte de mise en garde : “Au regard des tensions qui affectent la société française, le Conseil supérieur de l’audiovisuel en appelle à la responsabilité des médias audiovisuels.” Avant de conclure : “la liberté éditoriale, ne saurait justifier la diffusion de propos susceptibles d’inciter à la haine ou aux discriminations.”

>> A lire aussi : Grand remplacement, identité et Islam : la “Convention de la droite” rabâche les thèmes de l’extrême droite

Les limites de l’entendable

La chaîne d’information du groupe TF1 avait choisi de diffuser dans son intégralité le discours inaugural d’Eric Zemmour à la Convention de la droite, alors qu’il avait fait l’objet d’une condamnation pour incitation à la haine raciale le 17 septembre dernier.
Son discours, essentiellement porté sur “l’islamisation de rue”, “les problèmes liés à l’immigration et à l’islam” ou encore “la théorie du grand remplacement” portée par Renaud Camus, n’était pas passé inaperçu. Ces propos avaient déclenché de vives réactions sur les réseaux sociaux.
Hier encore, le désormais chroniqueur de CNews a franchi les limites de l’entendable en soutenant fermement le général Bugeaud, responsable du massacre de milliers d’Algériens.
Zemmour ce soir sur @CNEWS
“Je veux dire par là que quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence à massacrer les musulmans et même certains juifs. Moi je suis aujourd’hui du côté du général Bugeaud, c’est ça être Français.”
3/3 pic.twitter.com/SCqaID96iK— Guillaume Daudin (@GuillaumeDaudin) October 23, 2019

>> A lire aussi : Mais qui était le général Bugeaud, qu’admire tant Eric Zemmour ?




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Publish date : 2019-10-24 14:53:41

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