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Où en sont les études de genre en France ?

Où en sont les études de genre en France ?




Lundi 16 septembre, trente étudiants et étudiantes de Paris 1 commenceront les cours au sein du Master 1 d’Etudes de genre, pour une rentrée inédite. En effet, si des masters dédiés à ce champ disciplinaire existent déjà à Paris 8 (depuis 1974), Paris 7, l’EHESS, Bordeaux Montaigne, Lyon 2, Toulouse 2 ou Angers, c’est la première fois que la Sorbonne proposera une telle formation.
Dirigé par la philosophe et professeure Sandra Laugier et la maîtresse de conférences en Sciences économiques Elisabeth Cudeville, ce cursus qui mêlera arts, histoire, économie, philosophie et science politique est le fruit de plusieurs années de travail au sein de l’université : “Certains cours existaient déjà, il ne restait plus qu’à les réunir et à former la maquette. Nous avons pu ouvrir un cours spécifique pour les étudiants du master grâce au soutien des UFR [unités de formation et de recherche, ndlr] partenaires”, explique Sandra Laugier.

Des résistances multiples

Bien que soutenue par la présidence de l’université, la création d’une formation dédiée a suscité “pas mal de résistances” au sein du corps professoral. Et ce, notamment du côté du Droit, où certains enseignants mais aussi la direction de l’UFR étaient réticents. “Nous avons les meilleurs spécialistes du genre dans de nombreuses disciplines, mais les structures académiques sont souvent aux mains d’hommes qui considèrent systématiquement que la question est moins importante que les gros champs disciplinaires traditionnels, sur lesquels ils ont la main. Ils ne veulent pas promouvoir un domaine qui mettrait les femmes en valeur”, analyse la philosophe, qui constate que les UFR dirigées par des femmes ont été nettement plus coopérantes.
“De nos jours, personne ne veut dire qu’il est contre le genre parce que ça la fout mal, mais personne ne veut mettre ça en priorité. On a dû batailler pour obtenir des moyens, et on n’a pas eu un seul poste supplémentaire pour cette formation : les professeurs vont devoir travailler en plus”, déplore encore Sandra Laugier, qui regrette certains conservatismes propres aux universités.
Mais c’est surtout sur Internet que l’annonce du nouveau master a fait le plus de remous, provoquant de nombreuses réactions négatives sur Twitter. Sans compter les condamnations de La Manif Pour Tous ou d’organisations étudiantes de droite tels que l’UNI – laquelle a qualifié le programme de “diplôme idéologique” et “d’endoctrinement” -, ou encore la Cocarde étudiante qui, dans un billet ironique sur son site, associe le master au drapeau LGBTI. Pire, les réseaux anti-genre auraient même provoqué une attaque contre le site de l’université en envoyant des milliers de demandes, selon la professeure.
J’veux pas niker l’ambiance mais un bac+5 manspreading spé thread sur twitter même pour McDo c’est un peu léger là on se dirige tout droit vers un pôle emploi bien mérité bravo à eux https://t.co/pVyYJmxMoT— Le Raptor (@RaptorVsWild) April 10, 2019

La croisade anti-genre

Evoquant un “déferlement sectaire et haineux” mêlant misogynie, homophobie et transphobie, elle constate que les mouvements anti-genre semblent de plus en plus organisés, “soutenus au niveau global par un certain nombre de dirigeants particulièrement toxiques”. Un avis partagé par Eric Fassin, co-directeur du Département d’études de genre de Paris 8 : “Il y a des attaques contre les études de genre en Italie, en Hongrie, au Brésil… Dans beaucoup de pays, les gens ont l’impression que les choses ne sont pas acquises.”

>> A lire aussi : Quand la presse française s’intéresse enfin aux questions de genre

En France, le mouvement anti-genre trouve parfois le soutien de politiques tels que Valérie Pécresse qui, en 2016, a choisi de ne plus faire financer par la région Île-de-France les doctorats d’études de genre. Celles-ci continuent également de générer mépris, méfiance ou fantasmes chez une partie du milieu intellectuel français. Tissant un lien avec les études post-coloniales, Sandra Laugier estime que “dès que l’on s’intéresse à des différences, on est considérés comme essentialistes ou différentialistes”.
Ces champs d’études visant en partie à étudier et à comprendre les rapports de domination restent en effet souvent perçus comme militants, et donc remis en question. Et ce, malgré leur caractère scientifique. “Il y a des intersections fortes entre le monde de la recherche et le monde militant, mais ce qui caractérise les études de genre, par rapport à d’autres champs d’études, c’est que le caractère politique est explicité”, relativise Eric Fassin, avant de conclure : “Quand on parle du monde social, il n’y a pas de point de vue neutre. Ce sont des représentations du monde et, à partir de ce moment-là, cela implique toujours certaines visions du monde.”

Hostilité croissante, reconnaissance croissante

Malgré les conservatismes de tout poil, les études de genre font progressivement leur chemin et gagnent en légitimité. “L’hostilité est plus grande, mais l’ouverture est plus grande aussi”, résume Eric Fassin. Et bien que Paris 8 reste la seule université en France à délivrer officiellement un doctorat en études de genre, la création de l’Institut du Genre en 2012, sous l’impulsion de Sandra Laugier, a grandement contribué à leur développement.
Ce “groupement d’intérêt scientifique” rattaché au CNRS et dirigé aujourd’hui par la sociologue Sylvie Cromer, coordonne, finance et diffuse la recherche sur le genre. Il vient d’organiser le congrès international “genre et émancipation” qui a réuni début septembre des centaines de chercheurs à l’université d’Angers.”Aujourd’hui, en France, la reconnaissance des études sur le genre est là. On a toujours besoin de renforcer cette légitimité, mais elle est là”, note la directrice de l’institut.
Principalement issues des sciences sociales, elles irriguent aujourd’hui bien d’autres disciplines telles que le droit, la psychologie, la littérature, la linguistique, la philosophie, les sciences de l’éducation ou la musicologie. Un engouement particulièrement partagé par les jeunes chercheurs et les étudiants, de plus en plus nombreux à s’inscrire dans ces cursus. “On a été écrasés par les demandes”, confie Sandra Laugier en évoquant le nouveau master. L’équipe espère pouvoir accueillir une cinquantaine d’étudiants par an d’ici quelques années.



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/09/12/actualite/societe/ou-en-sont-les-etudes-de-genre-en-france/

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Publish date : 2019-09-12 19:13:47

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Ce que nous devons aux féministes d’Amérique latine

Ce que nous devons aux féministes d’Amérique latine




Du mouvement transnational “Ni una menos” contre les féminicides, à la grève des femmes en Argentine en 2016 (“#NosotrasParamos”), en passant par le “mai féministe” chilien contre le harcèlement sexuel en 2018, l’Amérique latine semble être devenue depuis plusieurs années un laboratoire de luttes et d’expérimentations féministes.
Ainsi, le passage dans le langage courant du mot “féminicide” ou encore l’adoption du mot d’ordre de grève internationale des femmes le 8 mars sont des exemples de conquêtes internationales à mettre au crédit des féministes d’Amérique latine. Aurore Koechlin, autrice d’un essai qui détaille l’émergence de cette “quatrième vague” du féminisme (La révolution féministe, éd. Amsterdam), fait le point pour nous sur les particularités de ce mouvement, et ce que nous lui devons.
Vous situez le début de la “quatrième vague” du féminisme à l’assassinat de la poète mexicaine Susana Chávez, le 6 janvier 2011. Pourquoi choisir ce point de départ ?
Aurore Koechlin – Tout d’abord, il me semblait important de souligner que cette nouvelle vague du féminisme avait débuté en Amérique latine, hors des Etats-Unis ou de l’Europe, contrairement aux vagues précédentes. On l’oublie trop souvent dans les médias et dans les discours militants, mais l’Amérique latine montre aujourd’hui la voie au monde, ce qui est symboliquement très fort.
Ensuite, c’était une façon de rendre hommage à Susana Chávez en particulier, non seulement pour son combat de toute une vie contre les féminicides (elle a dénoncé notamment les féminicides de Ciudad Juárez) mais aussi parce que c’est son expression “ni una mujer menos, ni una muerta más” (“pas une femme de moins, pas une morte de plus”) qui a donné son nom au mouvement argentin Ni una menos, qui est né en 2015 suite au féminicide de trop, celui de Daiana Garcia.
C’est ce mouvement en particulier qui a lancé la vague féministe en Amérique latine, puis dans le reste du monde. C’est en outre lui qui a appelé à partir de 2017 à une grève internationale féministe pour le 8 mars. Il est donc central dans la quatrième vague du féminisme, et pour ainsi dire à son origine. Ainsi, malgré la mort, alors qu’elle a été assassinée en luttant contre les féminicides, Susana Chávez continue à guider la lutte féministe.

>> A lire aussi : A México, des centaines de femmes assassinées en toute impunité

Quelles sont les caractéristiques de cette nouvelle vague, par rapport aux précédentes ?
Dans mon livre, je dis peut-être sous forme de boutade que la quatrième vague est la synthèse des deux vagues qui l’ont précédée. Elle reprend de la troisième vague (dans les années 1990, qui a consisté à reconceptualiser le sujet du féminisme en croisant genre, sexualité, race et classe) l’inclusivité et la nécessité de penser l’oppression des femmes et des minorités de genre en lien avec les autres formes de domination sociale. Mais elle reprend également à la deuxième vague (dans les années 1960 et 1970, autour de la lutte pour disposer librement de son corps, notamment pour la légalisation de la contraception et de l’avortement) la nécessité de structurer le mouvement autour de revendications – la fin des féminicides, le droit à l’avortement, entre autres – et de mobiliser largement.
Néanmoins, elle a aussi des particularités fortes. Là où la deuxième vague avait pu être synonyme de rupture entre mouvement ouvrier et mouvement féministe (même si cette dernière est à relativiser), il en va tout autrement de la quatrième vague. Elle reprend une analyse et des méthodes classiques du mouvement ouvrier : la centralité du travail reproductif et l’arme que constitue la grève féministe. Dans certains pays, comme l’Etat Espagnol, les syndicats jouent un véritable rôle dans la préparation de la grève. Dans d’autres, comme en Italie, la lutte féministe joue le rôle de porte-drapeau auquel se rallie l’ensemble du mouvement social.
Pendant ce temps-là au Chili…

Les femmes descendent dans les rues pour une révolte féministe sans précédent. pic.twitter.com/GNkLOozz3W— Brut FR (@brutofficiel) June 2, 2018

Le fait que le terme de “féminicide” se soit exporté à l’international, jusqu’à être enfin utilisé dans certains grands médias en France, est-il un acquis que l’on doit aux luttes des femmes en Amérique latine ?
Tout à fait. En Amérique latine, il y a eu toute une lutte politique autour des termes utilisés, qui ont émergé dès les années 1990. L’un des enjeux était de montrer que ces assassinats n’avaient pas lieu au hasard mais de façon systémique : ces femmes sont assassinées parce que ce sont des femmes. La violence est une des armes de la domination de genre.
En outre, Marylène Lapalus souligne combien ce terme est performatif [dans l’article “Feminicidio / femicidio : les enjeux théoriques et politiques d’un discours définitoire de la violence contre les femmes”, ndlr] : en nommant ce crime comme un crime contre les femmes, on contribue à rendre visible ce qui est d’ordinaire invisibilisé. Soit totalement quand on ne le remarque pas ; soit partiellement quand on ne voit pas qu’il s’agit d’une violence de genre, et qu’on parle de crime “passionnel”, de “drame conjugal” ou d’“accident”. La France a pu bénéficier directement de ces élaborations politiques, comme on le voit avec la mise en lumière sur une large surface médiatique du nombre de féminicides chaque année, voire chaque mois.

“L’une des particularités du féminisme d’Amérique latine est de poser plus directement que d’autres féminismes la question de la stratégie”

Comment expliquez-vous que le féminisme soit aussi fort en Argentine, au Chili, au Mexique, et inspire autant au niveau international ? Est-ce dû au contexte particulièrement hostile auquel les femmes font face dans ces pays ?
Je suis contre le fait de hiérarchiser la domination que les femmes subissent dans les différents pays du monde, même si cette domination prend différentes formes, en fonction de l’histoire des pays concernés, mais aussi du rapport de force féministe. De manière générale, de toute façon, les résistances ne s’expliquent pas par le niveau de violence des dominations subies, on pourrait même dire le contraire : il semble plus difficile de lutter quand les dominations sont fortes.
Si on essaye d’avancer des raisons à la force de cette mobilisation, on peut penser à deux choses. D’une part, en Amérique latine aujourd’hui, notamment en Argentine, les contestations sociales sont très fortes en général. Le féminisme s’en nourrit et les nourrit. Mais cela crée un contexte global de résistances propre au développement du mouvement féministe. D’autre part, selon la sociologue Jules Falquet, l’une des particularités du féminisme d’Amérique latine est de poser plus directement que d’autres féminismes la question de la stratégie, notamment en étant en lien avec le mouvement indigène et le mouvement ouvrier. Je pense qu’aujourd’hui le mouvement féministe en Amérique latine en bénéficie, alors qu’en France la question de la stratégie (comment lutter, comment gagner, avec qui) a été beaucoup plus occultée, et que cela pèse en partie sur le développement de la quatrième vague aujourd’hui.

>> A lire aussi : Entretien avec Jules Falquet sur les droits des femmes au Salvador

En France, des collectifs féministes “autonomes” sont nés ou se sont multipliés dans le sillage de “Ni una menos”. Cette tradition de lutte réfractaire aux institutions, à l’Etat, et sensible aux courants de pensée libertaires, vient-elle aussi d’Amérique latine ?
J’ai l’impression qu’en France comme en Amérique latine, on retrouve effectivement le développement de collectifs autonomes et libertaires, mais pas uniquement. Toutes les tendances politiques se retrouvent dans le mouvement féministe. En France par exemple, à l’échelle de la région parisienne, on a vu naître deux initiatives pour le 25 novembre dernier, journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes : Nous Toutes, lancée par Caroline De Haas, et Nous Aussi, dans une démarche intersectionnelle. L’inspiration de l’Amérique latine me semble plus reposer sur la nécessité d’avoir un mouvement de masse, c’est-à-dire un mouvement qui s’adresse largement aux jeunes, aux femmes des classes populaires, etc., que sur la forme d’organisation que le mouvement doit prendre.
Votre livre s’intitule La révolution féministe. C’est un souhait ou un constat ?
Les deux ! L’émergence du féminisme comme mouvement central parmi les mouvements sociaux modernes constitue en soi une révolution. Cela a bouleversé en profondeur nos sociétés. Mais dans le même temps, on a vu au cours du XXe siècle que le féminisme, tout comme les autres mouvements de lutte, pouvait très bien être assimilé au fonctionnement normal du capitalisme et par là, être vidé de son contenu contestataire.
Il est donc nécessaire de rappeler que le féminisme ne peut être que révolutionnaire, dans la mesure où la domination des femmes et des minorités de genre a une base économique (le travail reproductif, essentiel pour le maintien du capitalisme), et que les gains que nous pourrons gagner dans le cadre de ce système ne se feront qu’à la marge. Le féminisme doit donc en quelque sorte toujours lui-même faire sa révolution !
Propos recueillis par Mathieu Dejean

La révolution féministe, d’Aurore Koechlin, éd. Amsterdam, 176 p., 12€



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Publish date : 2019-09-09 15:44:39

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A Abidjan, les femmes expérimentent le “body acceptance” et la sororité

A Abidjan, les femmes expérimentent le “body acceptance” et la sororité




Paule-Marie Assandre démarre son cours de body acceptance par un sermon : “Les femmes ! Ici, on vient chercher quelque chose qui n’est pas dans son téléphone. On doit être là les unes pour les autres.”
Silence coupable dans la salle de Sol Beni, complexe sportif huppé du quartier chic de Cocody M’Pouto, à Abidjan (Côte d’Ivoire). Quelques participantes viennent à la rescousse de la prof qui jusqu’ici se démenait seule avec la sono. Carole, une participante, propose de former un cercle, “chacune se présente avec un pas de danse”. Quelques applaudissements détendent les plus réservées.

Paule-Marie Assandre. Crédit : Amandine Réaux
Une vingtaine de femmes entre 20 et 45 ans se sont inscrites au body acceptance. Un programme de trois mois, avec deux heures de sessions qui débordent allègrement chaque samedi, pour libérer le corps via la danse et la parole. Mince, grosse, grande brûlée ou complexée par un front bombé que les camarades surnommaient “devanture de gbaka (mini-car)”… Quelle que soit leur morphologie ou leur apparence, toutes les participantes ont déjà été jugées dans le passé.

“Aujourd’hui, je n’ai plus peur du regard des autres”



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Publish date : 2019-09-12 15:47:25

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Alexandre Benalla et les Insoumis se battront-ils bientôt en octogone ?

Alexandre Benalla et les Insoumis se battront-ils bientôt en octogone ?




Depuis qu’Alexandre Benalla est arrivé sur Twitter, les propositions de combats de MMA se multiplient. Depuis quelques jours, le dialogue entre l’ancien chargé de mission de l’Elysée et les députés insoumis Alexis Corbière et Ugo Bernalicis a tourné au vinaigre. Au point qu’ils ont fini par se proposer de se retrouver sur un octogone. Tout a commencé par un tweet d’Alexandre Benalla himself, le 8 septembre.

Sans appel

Relayant un article sur la tribune de Jean-Luc Mélenchon dénonçant un “procès politique” à son encontre (dans l’affaire de la perquisition de la France insoumise), l’ex-Monsieur Sécurité de l’Elysée affirme : “En France, le seul procès politique, pour un homme politique c’est celui de l’élection, où le juge, est le citoyen-électeur, et concernant Jean-Luc Mélenchon les décisions rendues depuis 2017 sont sans appel.”
En France, le seul procès politique, pour un homme politique c’est celui de l’élection, où le juge, est le citoyen-électeur (chez @FranceInsoumise = le peuple), et concernant @JLMelenchon les décisions rendues depuis 2017 sont sans appel … https://t.co/6jGBb36WXN— Alexandre Benalla (@ABenalla_) September 8, 2019

Ce tacle n’a pas plu à Alexis Corbière. Le député de la Seine-Saint-Denis a en effet rebondi sur le tweet d’Alexandre Benalla : “Lorsque votre domicile fut perquisitionné il a suffi (t) que vous prétextiez ne pas avoir les clefs pour que la police reparte. Nul citoyen n’a eu cette faveur, en raison de votre proximité politique avec M. Macron. Vs êtes l’incarnation vivante du 2 poids, 2 mesures.”

>> A lire aussi : Les débuts sur Twitter d’Alexandre Benalla

Le jour même de la perquisition (filmée par Quotidien) de la France insoumise, les représentants du mouvement faisaient déjà cette comparaison. Tout comme un article de Mediapart.

“#OctogoneSansRègles”

Le clash aurait pu s’arrêter là. Mais non. Après ce “un partout”, Alexandre Benalla et Alexis Corbière ont échangé de nombreux messages, se reprochant mutuellement une conception erronée de la justice. L’humoriste Guillaume Meurice, constatant ce spectacle, a ajouté son grain de sel en twittant le hashtag “#OctogoneSansRègles”.
#OctogoneSansRègles 👊💥 https://t.co/mni4asA5wL— Guillaume Meurice (@GMeurice) September 10, 2019

C’est alors le député insoumis du Nord, Ugo Bernalicis, a réagi de manière comique (du moins, on l’espère), en publiant ce message, comme s’il prenait la proposition de combat au pied de la lettre : “Je me propose pour représenter mon camarade Alexis Corbière dans l’octogone face à Alexandre Benalla. Une seule condition : Guillaume Meurice doit arbitrer la rencontre.”
Cette histoire aurait pu s’arrêter à cette ultime boutade. Mais Alexandre Benalla a semble-t-il été piqué au vif. Estimant son honneur blessé, il a réagi ainsi : “D’après mes informations vous fréquentez plus la BUVETTE à l’Assemblée nationale que la salle de sport.”

Tous les coups sont permis

Bjr @Ugobernalicis et @alexiscorbiere , d’après mes informations vous fréquentez plus la BUVETTE à @AssembleeNat que la salle de sport … D’ailleurs je ne vous y ai jms vu. Par contre il me semble avoir croisé @alexiscorbiere au bar du Bourbon hier après-midi. Ok pour moi 😉😂😂 https://t.co/x6myQ9ltDx— Alexandre Benalla (@ABenalla_) September 11, 2019

Les deux députés ont répondu à grand renfort de Gifs et de blagues sur Macron.
Et en quoi étiez vous déguisé cette fois ci ? En chef indien ? En ouvrier du bâtiment ? En cow-boy ? En marin ? Comme vous avez deja fait le policier, vous pourriez faire tout le groupe YMCA https://t.co/gEuGb6IFmM— Alexis Corbière (@alexiscorbiere) September 11, 2019

On peut faire ça sur le tatami du #dojo de la salle de sport à @AssembleeNat. En bon karatéka ça ne peut que me plaire.
Vous avez tjs votre badge H ?
Le gagnant décide si on ouvre le coffre ou pas [email protected], dit “Le patron”, est d’accord ou faut qu’on vienne le chercher ? https://t.co/STVxtWiNwS— Ugo Bernalicis φ (@Ugobernalicis) September 11, 2019

Décidément, tout est possible sur Twitter.



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Publish date : 2019-09-12 13:37:24

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Procès des décrocheurs de portraits de Macron : “L’Etat veut nous intimider”

Procès des décrocheurs de portraits de Macron : “L’Etat veut nous intimider”




Les actes de désobéissance civile peuvent-ils se justifier par l’urgence d’agir face au changement climatique ? Ceci n’est pas un sujet de bac de philo mais la question centrale du procès de huit activistes écologistes et d’un vidéaste, jugés mercredi 11 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris.
Agés de 23 à 36 ans, ces femmes et ces hommes, sans casier judiciaire, sont accusés de vol en réunion. Elles et ils risquent cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende pour avoir décroché le portrait officiel d’Emmanuel Macron dans trois mairies de la capitale. Leur but : dénoncer ce qu’ils considèrent comme de l’hypocrisie de la part du gouvernement concernant la crise climatique. “Le président se présente comme un champion de la terre et fait croire aux gens qu’il agit en faveur de l’environnement. Alors que c’est faux”, clament de concert les prévenus, tous membres de l’ONG Action Non-Violente COP21 (ANV COP21).
Interrogés par la juge quant à la nécessité de se mettre en infraction pour défendre leur cause, les militants ont déroulé un discours élaboré. “Nous avons déjà fait des pétitions, des marches et des grèves sans résultat. Il faut aujourd’hui aller plus loin. La désobéissance civile est un devoir moral”, estime Pauline Boyer, ancienne pharmacienne, désormais salariée de l’ONG Alternatiba et sur le banc des accusés.

Les neuf prévenus. Crédit : Laury-Anne Cholez
Deux témoins, Célia Blauel, adjointe à la mairie de Paris chargée des questions environnementales et Christophe Cassou climatologue et chercheur au CNRS, sont venus appuyer cet argumentaire, détaillant l’état des dernières connaissances sur le règlement climatique et l’urgence de la situation.

Une “répression judiciaire” pour une action symbolique

A ce jour, 129 portraits ont été décrochés dans toute la France, entraînant 74 perquisitions et 17 procès. De quoi enjoindre ANV COP21 a dénoncer une “répression judiciaire” à longueur d’interview ces dernières semaines… faisant grincer les dents de certains. “Arrêtez un peu de jouer les martyrs”, pouvait-on lire dans les commentaires sur les réseaux sociaux.
“Nous n’avons jamais prétendu être plus victimes de répression que d’autres, notamment les Gilets Jaunes. Mais cette action en justice prouve que l’Etat veut nous intimider”, explique en amont de l’audience, Alma, l’une des prévenues, chargée de campagne au sein d’une ONG. Pourtant, ces décrocheurs de portraits ne sont pas vraiment devenus le pire cauchemar d’Emmanuel Macron, qui n’a pas dévié d’un iota sa politique – certains diront son absence de politique – climatique.

>> A lire aussi : Les vertus de la désobéissance, par Frédéric Gros

Par ailleurs, leurs décrochages de portraits présidentiels demeurent trop symboliques aux yeux des militants les plus radicaux. Ironie de l’histoire, le procureur s’est involontairement fait leur porte-parole durant l’audience. “Ne pensez-vous pas que ce type d’action, au-delà de son caractère purement symbolique, n’apporte strictement rien à votre combat ?”
Mais les accusés ne sont pas naïfs, et savent que leurs “réquisitions” n’exercent aucune contrainte réelle sur le gouvernement, si ce n’est médiatique. “Cela permet de faire parler de nous, de diffuser notre message pour massifier le mouvement climat. De plus, nous ne faisons pas que des choses symboliques. Nous avons aussi organisé des blocages d’entrepôts Amazon avec les Gilets Jaunes par exemple”, poursuit Alma.

La désobéissance civile trop en avance sur notre époque ?

Devant le tribunal, près de 200 personnes sont venues apporter leur soutien, dont Priscillia Ludosky, l’une des figures du mouvement des Gilets Jaunes. Elle a déclaré qu’elle souhaitait participer aux prochains décrochages.

De nombreuses personnes sont venues apporter leur soutien aux prévenus. Crédit : ANV COP21
“Nous sommes tous d’accord ici pour dire que la désobéissance civile est légale”, a-t-elle scandé au micro, sous une salve d’applaudissements. Dans la salle du tribunal, la défense a fait venir à la barre Manuel Cervera-Marzal, chercheur spécialiste en désobéissance civile.
“Le recours à l’illégalité peut se justifier dans la mesure où les moyens de contestation légaux s’avèrent insuffisants ou inefficaces. De plus, ce qui est légal aujourd’hui a parfois été illégal hier. Par exemple le droit de grève, qui est pleinement reconnu depuis 1946, ou celui de manifester, reconnu depuis 1935 [plus précisément, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen évoque la liberté de manifester, et un décret-loi fixe depuis 1935 les conditions d’encadrement des manifestations, ndlr]. La désobéissance civile est-elle trop en avance sur notre époque ?”, s’interroge-t-il.

>> A lire aussi : Au “Camp climat”, on apprend à désobéir pour sauver la planète

Ce témoignage a peut-être inspiré le procureur, qui cite en préambule de son réquisitoire le philosophe américain Henry David Thoreau, l’un des grands penseurs de la désobéissance civile. Avant de réclamer, pour chacun des neuf prévenus, 1000 euros d’amende, dont 500 euros sursis. Leurs avocats, eux, ont choisi de plaider l’état de nécessité pour leurs clients, citant plusieurs exemples de relaxes en cas de danger actuel et imminent : les faucheurs d’OGM ou encore les militants anti-glyphostate.

La question des journalistes engagés

Parmi les accusés, l’un d’entre eux jouit d’un statut un peu particulier. Il s’agit de Vincent Verzat, vidéaste de la chaîne Partager C’est Sympa.
Présent le 21 février à la mairie du Ve pour couvrir l’une de leurs actions, il est accusé d’avoir aidé à déployer une banderole un peu froissée sur laquelle était écrit “Sortons Macron”. Puis, d’avoir effectué un montage-photo pour la miniature de sa vidéo, où on le voit poser à côté dudit portrait décroché.

“Un photomontage bien grossier”, glisse l’intéressé. Mais le procureur ne l’entend pas de cette oreille et insiste lourdement pour transformer ce défroissage et ce photomontage en un geste d’activiste. “Ne pensez-vous pas que pour le citoyen, se mettre en scène comme vous le faites puisse occasionner une confusion entre un journaliste professionnel, qui rapporte une information, et celui qui veut faire passer une revendication politique ?”
Une accusation à laquelle Vincent Verzat a répondu sans ambages : “J’assume d’être journaliste et militant, de faire un travail d’information tout en ayant des convictions que je défends à travers mes vidéos.” Pour appuyer son propos, Rémy Buisine, journaliste pour Brut, vient témoigner à la barre, affirmant que le vidéaste de 29 ans était bien présent pour couvrir l’événement et non pour y participer. Il rappelle au passage qu’un journaliste peut soutenir moralement une action, sans pour autant en être partie prenante. Et, à l’inverse, couvrir des manifestations sans adhérer à leur message, citant l’exemple des Foulards Rouges (des opposants aux Gilets Jaunes, ndlr).

Six heures de débat

Valentine Reberioux, l’avocate de Vincent Verzat, oriente ainsi sa plaidoirie sur la liberté de la presse. “Cela fait plusieurs années, depuis la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, qu’il y a une forte répression envers les journalistes. Le but : les assimiler à des militants, synonyme de radicalité.” Elle estime que cet amalgame aurait pour but de décrédibiliser le travail de celles et ceux qui couvrent des sujets délaissés par les médias traditionnels.
Après quasiment six heures de débats, les neuf prévenus sortent de la salle d’audience, sous les applaudissements de leurs soutiens. Fatigués mais contents d’avoir pu exposer leurs revendications à la barre. “Le ministère public n’a toujours pas évolué dans ses positions et n’a pas vraiment l’air disposé à entendre nos messages. On espère que le tribunal, lui, les entendra”, conclut cependant Valentine Reberioux. Rendez-vous le 16 octobre pour connaître la réponse.



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Publish date : 2019-09-12 12:02:42

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[Vidéo] Que voit-on sur l’intégralité des images de la perquisition de LFI ?

[Vidéo] Que voit-on sur l’intégralité des images de la perquisition de LFI ?




Ils l’avaient annoncé, ils l’ont fait. Ce 11 septembre, l’équipe de Quotidien a mis en ligne l’intégralité des images filmées de la perquisition du siège de la France insoumise. C’est pour cet événement mouvementé que Jean-Luc Mélenchon et cinq de ses proches doivent être jugés les 19 et 20 septembre en correctionnelle.
La vidéo de l’altercation du leader de LFI avec un policier stoïque, qui ne le laissait pas entrer à l’intérieur du siège de LFI, lui avait beaucoup coûté. Désormais, on voit davantage de choses.

“Jamais nous ne nous sommes opposés à la perquisition”

D’une part, un “moment de grâce”, dixit Yann Barthès, dans lequel M. Mélenchon dit au policier : “Ne vous inquiétez pas, personne n’est violent ici.” La France insoumise s’est évidemment saisie de l’occasion pour faire une compilation d’extraits qui montrent, selon le mouvement, que “jamais nous ne nous sommes opposés à la perquisition”… 
Voici les images que Quotidien a gardé pendant un an sans les montrer. Elles montrent sous un autre jour la perquisition au siège de la France insoumise. On y voit que jamais nous ne nous sommes opposés à la #perquisition. pic.twitter.com/lUjaiHRZq3— La France insoumise (@FranceInsoumise) September 11, 2019

“Tu vas chez Macron après ?”

Cependant, on voit bien sur les images que les membres de LFI présents sont parfois hors d’eux. Jean-Luc Mélenchon va jusqu’à chatouiller les moustaches (enfin, plutôt le bout du nez) d’un membre des forces de l’ordre (à 16 minutes 30), en lui reprochant de mener une opération politique.
“Tu vas chez Macron après ?”, lui lance-t-il, passant brusquement du vouvoiement au tutoiement. Le député des Bouches-du-Rhône alterne moments de tension extrême et tentatives de se calmer. Dans un passage isolé par Quotidien, on perçoit cependant qu’il peine à s’adoucir, puisqu’il envoie balader une de ses collaboratrices qui lui dit de se calmer…
Perquisition à la France Insoumise : depuis un an, on vous a montré les images les plus fortes. Mais vous n’avez pas tout vu : par exemple, la réaction de Jean-Luc Mélenchon, quand l’une de ses collaboratrices lui demande de se calmer ⬇️@julienbellver #Quotidien pic.twitter.com/hB3Od216Ar— Quotidien (@Qofficiel) September 11, 2019




Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/09/12/actualite/politique/video-que-voit-on-sur-lintegralite-des-images-de-la-perquisition-de-lfi/

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Publish date : 2019-09-12 10:49:00

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Décès de Steve, à Nantes : son téléphone bornait toujours au moment de l’intervention policière

Décès de Steve, à Nantes : son téléphone bornait toujours au moment de l’intervention policière




C’est le Canard enchaîné qui a sorti l’info ce mercredi 11 septembre, confirmée par plusieurs autres médias. L’hebdomadaire a eu accès à l’enquête de la police judiciaire (PJ) sur le décès de Steve Maia Caniço, jeune homme de 24 ans retrouvé mort dans la Loire, à Nantes, le 29 juillet, plus d’un mois après avoir disparu le soir de la fête de la musique. Et, selon ces conclusions, le portable de Steve a borné une dernière fois à 4h33, soit en pleine intervention policière (laquelle, à base de lacrymos, matraques et grandes de désencerclement, fut musclée, comme l’avait montré cette enquête de Libération).
Une version venant contredire le rapport de l’IGPN, qui, en juillet, évoquait “un dernier déclenchement de relais à 3h16” du téléphone de Steve, mais ne faisait pas mention d’un bornage ultérieur dans la nuit (comme le précise Franceinfo, l’institution “n’avait pas les compétences pour exploiter la téléphonie”).

Une enquête transférée à Rennes

Dans l’enquête sur la mort de Steve, l’élément clé du rapport de l’IGPN repris par les syndicats de police (sur France Info, dans Society…) tombe selon le @canardenchaine. L’enquête de la PJ montrerait que son téléphone “bornait” toujours quand les policiers ont chargé. pic.twitter.com/eST1QNMTp1— David Perrotin (@davidperrotin) September 10, 2019

Le Premier ministre Edouard Philippe s’était alors appuyé sur cet horaire pour déclarer : “A la lumière des faits connus, à la date de la rédaction de ce rapport, il ne peut être établi de lien entre l’intervention des forces de police et la disparition de Steve Maïa Caniço.” Le rapport de la PJ vient donc remettre en cause cette conclusion, même si, comme le précise LCI, “à ce jour, les enquêteurs ne peuvent toujours pas établir dans quelles conditions ni à quelle heure Steve est tombé à l’eau”.
“La famille de Steve Maïa Caniço est convaincue de la concomitance de la chute de Steve dans la Loire et l’intervention policière”, a en tout cas réagi auprès de Franceinfo maître Cécile De Oliveira, avocate de la famille de Steve. L’enquête sur sa mort, qui a suscité une vive émotion et de fortes critiques des forces de l’ordre, a été dépaysée à Rennes, le 4 septembre dernier, à la demande des deux juges d’instruction nantais.



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/09/11/actualite/societe/deces-de-steve-a-nantes-son-telephone-bornait-toujours-au-moment-de-lintervention-policiere/

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Publish date : 2019-09-11 12:05:03

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Nouvelles images de la perquisition du siège de LFI : “Quotidien” fait son “SAV”

Nouvelles images de la perquisition du siège de LFI : “Quotidien” fait son “SAV”




Ce 10 septembre, peu après 22 h, Jean-Luc Mélenchon s’est fendu d’un tweet cinglant à l’attention de Quotidien : “Depuis un an Quotidien joue le jeu de la police politique. Ce sont ses images qui servent de base à nos accusateurs. Depuis un an ils cachaient ces moments où Alexis Corbière et moi rassurons les policiers.” Pour qui n’avait pas suivi l’émission diffusée ce soir-là, ces paroles semblent sibyllines. Voici donc leur explication.

“C’est une manière de focaliser, et là c’est politique !”

Le député de la France insoumise, Alexis Corbière, a récemment dénoncé le traitement fait par Quotidien de la perquisition mouvementée du siège de LFI, accusant l’émission de n’avoir diffusé qu’une partie des images, lesquelles ne montrent pas les Insoumis à leur avantage.
Alors que Jean-Luc Mélenchon et cinq de ses proches doivent être jugés les 19 et 20 septembre en correctionnelle pour cette affaire, Alexis Corbière a déclaré sur LCI : “Si vous sectionnez les images – notamment, on m’a vu dire à un policier d’arrêter d’être violent – mais qu’on voit tout avant, les violences qui ont lieu, le moment où calmement je dis à un policier ‘Pas de violences !’… C’est une manière de focaliser, et là c’est politique !”, estime-t-il. Et il ajoute : “Pour un homme comme moi, c’est une humiliation.”
Quotidien lui a répondu en le prenant au mot, et en diffusant de nouveaux extraits de la perquisition, “pour éviter que les Insoumis nous accusent pendant une semaine de bidonnage”, a commenté Yann Barthès. On assiste donc à l’intégralité de la bousculade, et au moment où l’on entend Alexis Corbière dire : “Pas de violence.” Puis, suite à la chute de quelqu’un, le député perd ses nerfs et s’énerve en hurlant contre un policier : “On ne touche pas aux camarades !”

Moment de grâce

Puis un “moment de grâce” (dixit Yann Bathès) de Jean-Luc Mélenchon est montré : le leader de LFI s’adresse au policier qu’il invectivait quelques minutes plus tôt, et lui dit : “Ne vous inquiétez pas, personne n’est violent ici.” Plusieurs militants insoumis ont réagi en estimant que Quotidien aurait dû diffuser ces images plus tôt.
1) Ce soir, Quotidien a diffusé des images inédites de la perquisition au siège de la FI où l’on voit Jean-Luc Mélenchon assurer calmement au policier qui “gardait” l’entrée qu’il ne courait aucun risque car “à la FI, personne n’est violent”.— Maud Assila (@MdAssilA) September 10, 2019

“Une vraie question. Grâce à Quotidien, on a vu cent fois Mélenchon furibard devant le policier hipster. Mais pourquoi n’avait-on jamais vu avant aujourd’hui les images de Mélenchon tout doux, rassurant ce même policier, ou Corbière criant “Pas de violence !” pour calmer le jeu ?”, a commenté Gérard Miller.
Une vraie question. Grâce à Quotidien, on a vu 100 fois Mélenchon furibard devant le policier hipster. Mais pourquoi n’avait-on jamais vu avant aujourd’hui les images de Mélenchon tout doux, rassurant ce même policier, ou Corbière criant « Pas de violence ! » pour calmer le jeu ?— Gérard Miller (@millerofficiel) September 10, 2019



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/09/11/actualite/politique/nouvelles-images-de-la-perquisition-du-siege-de-lfi-quotidien-fait-son-sav/

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Publish date : 2019-09-11 14:02:02

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Nadine Morano change d’avis sur la “race blanche” mais dénonce un “racisme anti-Blancs”

Nadine Morano change d’avis sur la “race blanche” mais dénonce un “racisme anti-Blancs”




Invitée ce mardi 10 septembre sur le plateau d’Audrey and Co (LCI), Nadine Morano semble avoir quelque peu changé de vocabulaire… Interrogée sur la polémique qui entoure Lilian Thuram depuis plusieurs jours, la députée européenne s’est dite “profondément choquée” par les propos de l’ancien joueur de football (à partir de 46 minutes).
Et a déclaré : “Je pense qu’il y a du racisme anti-Blancs, oui. Le nier c’est ridicule. Le racisme, ça touche tout le monde (…), ce sont les gens qui n’acceptent pas la différence des autres.” Rappelons toutefois que, du point de vue des sciences sociales, le racisme anti-Blancs n’existe pas, il s’agit en réalité d’une construction politique.
Et traiter quelqu’un de “sale Blanc”, ou de “sale Noir” n’a absolument pas les mêmes fondements ni les mêmes conséquences, comme nous l’expliquait la journaliste et essayiste Rokhaya Diallo : “Cela ne fait pas appel au même imaginaire. Ce n’est pas la même chose de se moquer du premier de la classe que du dernier (…) Le dommage psychologique n’est pas le même. Le premier de la classe, quoi qu’il arrive, est le premier.”

>> A lire aussi : Pourquoi il faut en finir avec l’expression “racisme anti-Blancs”

Nadine Morano a aussi choisi de parler de “race humaine” : “Il y a une race humaine, et point barre.” Quand on repense à la polémique qu’elle avait déclenchée en 2015, ces mots n’ont sans doute pas été choisis au hasard : sur le plateau d’On n’est pas couché, elle avait en effet répété à plusieurs reprises que “la France [était] un pays de race blanche”, comme au temps du théoricien racialiste Joseph Arthur de Gobineau… Avant d’invoquer une phrase attribuée à De Gaulle après sa mort (des propos qui avaient été rapportés, mais pas déclarés publiquement).

“D’un côté comme de l’autre” ?

L’année suivante, Nadine Morano avait déclaré sur le plateau de l’émission Le Supplément (Canal +) que la gare du Nord, à Paris, “c’est l’Afrique”, estimant ainsi ne plus se sentir chez elle en France… Et faisant un pas de plus vers les plus sombres marigots politiques.
Pour Nadine Morano, la Gare du Nord “c’est l’Afrique, ce n’est plus la France” #LeSupplémenthttps://t.co/kLsoo5BP8V— CANAL+ (@canalplus) May 22, 2016

“Moi ; je n’aime pas parler du racisme anti-Noirs, anti-Blancs, anti-quoi ? Quelle que soit la couleur de peau, le racisme existe”, a encore déclaré la députée LR ce mardi sur LCI, citant même ”des lettres” et “des témoignages de gens qui se font insulter dans les quartiers parce qu’ils sont blancs” qu’elle recevrait. “Il y a une opposition, une résistance, qui s’incarne dans le fait de dire : ‘Mais nous aussi on souffre.’ Et qui permet de relativiser d’une certaine manière le racisme systémique français”, nous expliquait à ce sujet Rokhaya Diallo.
Morano a ajouté : “Et cela me choque quand il y a des attitudes dans les matchs de foot, d’un côté comme de l’autre je trouve ça choquant, ce n’est pas convenable par rapport au respect que l’on doit à toute personne humaine.” D’un côté comme de l’autre ? Les insultes à caractère raciste envers les joueurs de foot noirs pleuvent régulièrement dans les stades.
Par exemple, en avril dernier, l’arbitre du match opposant Dijon à Amiens avait interrompu le jeu après que des cris racistes ont été entendus depuis les tribunes. Rappelons à Nadine Morano que l’on a encore jamais vu de joueurs blancs se faire accueillir par des cris des singes ou des jets de bananes. Et quand bien même, cela n’aurait pas du tout les mêmes conséquences…

>> A lire aussi : Jets de bananes et cris de singes : pourquoi le racisme squatte les stades de foot ?



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/09/11/actualite/politique/nadine-morano-change-davis-sur-la-race-blanche-mais-denonce-un-racisme-anti-blancs/

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Publish date : 2019-09-11 13:04:41

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[Vidéo] Charline Vanhoenacker moque la rentrée de François de Rugy : “Alors, toujours intolérant aux fruits de mer ?”

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Ça y est, c’est fait : François de Rugy a fait sa rentrée à l’Assemblée nationale, en tant que simple député. Après un été sous les feux des projecteurs du fait de “l’affaire Rugy” révélée par Mediapart, l’ancien président de l’Assemblée et ancien ministre a donc été rétrogradé.
Une tuile que Charline Vanhoenacker s’est fait un malin plaisir d’imaginer dans sa chronique du 11 septembre sur France Inter. “Au Palais Bourbon ils ne savent plus comment l’appeler. En dix mois le gars a occupé toutes les positions protocolaires. Le Kamasutra du protocole on l’appelle !”, lance-t-elle.

>> A voir aussi : [Vidéo] La défense hallucinante de François de Rugy contre Mediapart, en 5 citations

Et d’imaginer les députés à l’heure du repas, en train de se raconter leurs vacances : “La journée a dû être longue. A la cantine, tout le monde lorgnait sur son plateau-repas : ‘Alors François, toujours intolérant aux fruits de mer ?’”, imagine-t-elle, en référence à l’argument brandi par François de Rugy pour nier avoir mangé des homards géants.
Dans son bureau, il n’oserait même plus changer une ampoule : “Laissez ça va, je vais y aller moi-même l’acheter l’ampoule ! Et puis je vais garder le ticket pour l’envoyer à Mediapart”. Mais Charline le rassure, ironiquement : “Tu peux te sentir détendu à l’Assemblée, c’est quand même un endroit où Balkany a siégé pendant des années…”



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Publish date : 2019-09-11 11:59:56

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