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4 choses à savoir sur le procès de Jean-Luc Mélenchon

4 choses à savoir sur le procès de Jean-Luc Mélenchon




Pourquoi Jean-Luc Mélenchon comparaît aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Bobigny ?

Le 16 octobre 2018, le siège de la France insoumise (LFI), à Paris, faisait l’objet d’une perquisition, de même qu’une dizaine d’autres lieux, parmi lesquels le domicile de Jean-Luc Mélenchon. Et ce, dans le cadre de deux enquêtes – l’une sur ses comptes de campagne pour l’élection présidentielle de 2017, l’autre sur les conditions d’emploi d’assistants eurodéputés de son mouvement – du Parquet de Paris.
Le ton était très vite monté lors la perquisition des locaux de LFI, Jean-Luc Mélenchon y arrivant juste après avoir filmé sur Facebook celle ayant lieu chez lui. Très tendu, le leader de la France insoumise invectivait alors un policier se tenant devant la porte d’entrée, tout en pointant un doigt vers lui, avant de s’approcher de plus en plus de son visage. Et lançait, devant les caméras de Quotidien (TMC), son désormais célèbre “La République, c’est moi !” avant de lancer “Poussez-moi, ouvrez-moi cette porte”. Le député des Bouches-du-Rône tentait alors, avec d’autres insoumis, de forcer le passage. On le voyait également bousculer un membre du parquet.
Dans la foulée de cette perquisition mouvementée, Mélenchon et cinq de ses proches – les députés Bastien Lachaud et Alexis Corbière, l’eurodéputé Manuel Bompard, l’attachée de presse du parti Muriel Rozenfeld et le conseiller d’Etat Bernard Pignerol – comparaissent pour “actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, rébellion et provocation”.
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Après la #perquisition menée à son domicile, Jean-Luc Mélenchon s’est rendu au siège de la France insoumise, également perquisitionné.

Voici la scène hallucinante devant la porte de son propre local. ⬇#Quotidien pic.twitter.com/c661VAxp5q— Quotidien (@Qofficiel) October 16, 2018

>> A lire aussi : Nouvelles images de la perquisition du siège de LFI : “Quotidien” fait son “SAV”

Comment va se passer le procès ?

Le procès s’est ouvert jeudi 19 septembre et se déroulera sur deux jours, au tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Une heure après le début de l’audience qui a débuté à 9h30, le parquet a demandé le renvoi de l’affaire car, d’après les informations de France Info, “quatre des six prévenus n’avaient reçu que tardivement la copie de la procédure de l’IGPN, c’est-à-dire l’enquête menée dans le cadre des plaintes de LFI pour violences policières, classées sans suite depuis”. Le renvoi a été refusé et l’audience maintenue.
Arrivée de @JLMelenchon au tribunal entouré de députés LFI et de militants pic.twitter.com/bWsjI28he8— Martin Baumer (@MartinBaumer) September 19, 2019

Dix-sept personnes se sont constituées parties civiles, notamment des policiers et des magistrats présents lors de cette perquisition. Me François Saint-Pierre et Me Eric Dupond-Moretti assurent leur défense, le premier appelant, selon l’AFP, à “un débat dans la sérénité et le respect”, et le second affirmant : “Je souhaite répondre à M. Mélenchon que mes clients sont des fonctionnaires de police qui agissent dans un esprit républicain.”

Que risquent Jean-Luc Mélenchon et ses proches ?

Comme le rapporte l’AFP, les cinq prévenus encourent jusqu’à dix ans de prison, 150 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.
Dans la foulée de cette perquisition, trois plaintes avaient par ailleurs été déposées par des insoumis, présents sur place, pour violences policières. Toutes ont été classées sans suite par le Parquet de Paris, même si, selon ce papier de Libé, deux autres plaintes pour “violation du secret de l’enquête” auraient été déposées.

Comment a-t-il axé sa défense ?

D’après Ouest-France, l’avocat Mathieu Davy, qui défend le député, a décidé de plaider “l’inutilité, l’injustice et l’irrégularité” des perquisitions. Et d’ajouter : “Les délits ne sont pas constitués. Le comportement des mis en cause a été provoqué par des perquisitions disproportionnées.”
En outre, Jean-Luc Mélenchon n’a pas manqué de dénoncer “des opérations d’instrumentalisation politique de la justice”, lors de sa conférence de presse de rentrée le 12 septembre 2019.
“Ils nous convoquent dans un procès politique spectaculaire pour que nous soyons condamnés. Ce n’est ni du droit ni de la justice. C’est juste une exécution politique”, avait-il affirmé dans une interview accordée au JDD, dimanche 15 septembre.
Le leader insoumis publie part ailleurs un livre ce jeudi 19 septembre, soit le premier jour de son procès. Son titre ? Et ainsi de suite, un procès politique en France. L’occasion de réaffirmer sa position, lui qui dénonce le “lawfare” – soit une technique “d’instrumentalisation de la justice pour éliminer les concurrents politiques” – dont il serait victime, tout comme, selon lui, l’ex-Président brésilien Lula. Jean-Luc Mélenchon a même signé une tribune à ce propos dans le JDD.
La ministre de la Justice Nicole Belloubet, elle, a dénoncé des propos “indignes” de la part de l’ex-candidat à l’élection présidentielle, l’accusant de tomber dans le “complot”.

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Publish date : 2019-09-19 16:06:27

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