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Réouverture réussie pour le musée de la Libération de Paris

Réouverture réussie pour le musée de la Libération de Paris




Découverte d’un bunker encore jamais ouvert au public. Le musée de la Libération de Paris fait peau neuve et s’installe à cette occasion dans les pavillons Ledoux, place Denfert-Rochereau. C’est depuis cet édifice que le Colonel Rol-Tanguy, chef des Forces françaises de l’intérieur (FFI) de la région parisienne a organisé l’insurrection qui ménera à la libération de la capitale à la fin de l’été 1944. Les portes de ce bunker seront, pour la première fois, ouvertes au public, un renouveau saisissant pour le musée.
Inaugurée en 1994 pour le cinquantenaire de la Libération de Paris, la première version du musée se situait au-dessus de la Gare Montparnasse. C’est également une commémoration qui donne à la version revue et corrigée sa date d’ouverture : le 25 août 2019 est le 75e anniversaire de la Libération de la capitale.
Trop peu fréquenté et situé dans un lieu manquant de visibilité, le musée était en besoin d’un nouveau souffle, ce que décide de lui offrir la mairie de Paris dès 2015, sur une idée de Cécile Rol-Tanguy, épouse du Colonel, qui souhaitait que le poste de commandement qu’avait investi son mari en 1944 soit ouvert au public. C’est donc dans les pavillons Ledoux conçus en 1787, place Denfert-Rochereau, que cette nouvelle version ouvrira ses portes.

La part belle au numérique

Entièrement rénové pour accueillir la conséquente collection consacrée à la Libération et aux deux grands noms de la résistance que sont Jean Moulin et le Général Leclerc, ce lieu patrimonial offre plus de 2 500 mètres carrés de surface d’exposition. Fait d’objets personnels, d’images d’archives et de portraits de résistantes et résistants, le parcours a été conçu pour être “le plus lisible et cohérent possible”, indique Sylvie Zaidman, conservatrice du musée. “L’objectif était de donner des clefs de compréhension au public.”
De la France de l’entre-deux-guerres à la période de l’occupation, en passant par la résistance intérieure jusqu’à l’insurrection qui a mené à la Libération, le visiteur suit le fil de l’histoire. La scénographie, entièrement revue par Marianne Klapisch, rend aussi hommage aux hommes et femmes qui se sont engagés dans la résistance et fait la part belle au numérique. Nombre de cartes interactives sont mêlées aux faux papiers de Jean Moulin et autres machines à écrire et armes ayant servi aux résistants. Ces cartes couvrent un spectre très large de thématiques, comme le parcours des forces Alliées, l’implantation des Allemands à Paris ou les lieux de persécution des juifs. Elles offrent de nombreuses précisions sur l’histoire des lieux, des personnes qui s’y sont trouvées et font partie de ces “clefs de compréhension” qui permettent de rendre la visite plus intelligible.

Un poste de commandement secret

Et après la visite, le clou du spectacle : la descente dans le poste de commandement confidentiel du Colonel Rol-Tanguy. Après avoir descendu une centaine de marches dans une atmosphère sombre et oppressante, on se trouve immergé dans les entrailles de la capitale à 20 mètres sous terre, dans un couloir gris et humide. Ce bunker depuis lequel a été coordonnée l’insurrection populaire. Du corridor, dont tout a été gardé intact (en témoigne la vieille tuyauterie accrochée aux murs), partent une dizaine de salles. Elles abritaient en 1944 le central téléphonique, le bureau du Colonel Rol (de son pseudonyme de résistant) et celui de sa secrétaire, qui était aussi sa femme, Cécile Roll.

Le bunker du Colonel Rol-Tanguy au musée de la Libération
Les époux s’y installent le 20 août 1944. Depuis ce poste de commandement confidentiel, ils reçoivent et redistribuent les informations qui leur parviennent, le général attribue les ordres aux FFI, notamment par téléphone. Cet outil de communication va, en grande partie, déterminer le choix de ce lieu comme siège des opérations. Conçu en 1938 pour permettre aux services administratifs de la ville de fonctionner en dépit des bombardements et éventuelles attaques chimiques, l’endroit est entièrement aménagé et n’a jamais servi (avant 1944).
En plus d’un téléphone classique et d’un cyclo pédaleur, encore exposé, qui permet de fournir de l’électricité en cas de panne du générateur, l’abri dispose d’un téléphone relié aux égouts. Un point crucial puisque les communications ne passent pas par les opératrices du téléphone, rendant ainsi impossible toute mise sur écoute de la part des Allemands. Le lieu idéal pour échanger des renseignements sur les positions ennemies et organiser la construction des barricades. L’endroit n’est pourtant pas inconnu de l’armée allemande qui, tous les matins, appelle le gardien du bunker. “RAS” (rien à signaler), répond inlassablement le veilleur qui est en réalité un résistant. Autre avantage non négligeable : le poste dispose d’accès sous-terrains particulièrement discrets permettant au Colonel, aux officiers et aux agents de liaison qui y vivent d’aller et venir. Quelques journalistes ont même été reçus dans ce lieu secret pendant la semaine de la Libération.

Le Colonel Rol passe un appel depuis le téléphone “secret” du bunker (Archives)

Reconstitution virtuelle de l’abri version 1944

Et c’est justement dans la peau de l’un de ces journalistes que l’on se glisse grâce à l’expérience de réalité augmentée, proposée gratuitement (mais sur inscription) par le musée. Ici, c’est Jean qui prend le relais de la visite. Jean est un résistant virtuel des FFI. Alors qu’il vous invite à le suivre, il vous fait découvrir, pendant environ vingt-cinq minutes, l’espace du poste de commandement sous un nouveau jour. Entièrement remeublées, les pièces ont retrouvé leurs occupants. Après que Jean ait vérifié votre identité, il vous mène à la rencontre du Colonel et de Cécile Roll et vous ouvre les portes du central téléphonique et de l’état-major en charge de la construction des barricades. Une immersion ludique dans l’organisation de la libération de Paris qui permet d’interagir virtuellement avec des personnes qui ont fait l’histoire et de (ré)apprendre comment s’est montée l’insurrection à la fin de l’été 1944. Avec cette expérience en réalité augmentée, la nouvelle version du musée a su faire une place de choix au numérique, qui apporte indéniablement une plus-value à la visite. Son parcours savamment orchestré mène le visiteur jusqu’au cœur de la semaine de La libération.



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Publish date : 2019-08-22 16:40:08

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