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Fusion avec Renault : une “bonne affaire” pour Fiat, analyse François Lenglet

Automobile : Renault et Fiat Chrysler discutent d’un rapprochement




Comme toujours dans ces affaires de fusion, il y a du bon et du moins bon. Le bon, c’est la filiale américaine de Fiat, Chrysler et Jeep, qui offre à Renault une ouverture sur le deuxième marché du monde et l’accès à des modèles très rentables pour un constructeur. Le moins bon, c’est Fiat elle-même, qui a vu sa part de marché européen chuter de 9% à 5%, dont la gamme est vieillissante. La seule voiture qui se vend bien, c’est la toute petite Fiat 500, le “pot de yaourt”, qui doit être rénovée en 2020.
Est-ce qu’on ne paye pas trop cher pour tout cela ? En effet. Fiat et son actionnaire principal, la famille Agnelli, font incontestablement une bonne affaire. Mais en contrepartie de ce prix, Renault accède à une taille mondiale. Le Français ne peut pas rester seul, il est trop petit et trop centré sur l’Europe. Alors que Nissan l’a repoussé sans ménagement. Il y avait bien sûr d’autres constructeurs possibles, mais pas forcément avec une fusion égalitaire. Renault aurait pu s’associer avec un autre, mais dans des conditions plus difficiles.
Mais il faut voir les choses en face : Nissan ne veut pas de Renault, au-delà des coopérations techniques actuelles. Pas question de fusion. Et il n’y a aucun moyen de les forcer, malgré la participation importante du Français au capital du Japonais. Car Carlos Ghosn avait signé des accords secrets, interdisant à Renault d’intervenir dans la gestion de Nissan. Accords qui avaient été approuvé, en 2015, par le ministre de l’économie d’alors : Emmanuel Macron. L’accord avec Fiat est un bon moyen de sortir de ce tête à tête sans issue, qui condamne aujourd’hui Renault à rester en situation d’infériorité dans l’Alliance.
“Les fusions sont faites pour supprimer des emplois”
Il y a un cas récent difficile, avec la fusion entre Essilor, le N°1 français des verres de lunettes, et Luxoticca, qui fait les montures. Mais il y a aussi des contre-exemples qui marchent : BNP Paribas qui a racheté une grande banque italienne, BNL. En fait, le problème n’est pas l’Italie, mais la fusion 50-50, qui n’est jamais facile. Un jour ou l’autre, il faudra un partenaire dominant pour conduire les affaires.
On peut le regretter, mais les fusions sont faites pour supprimer des emplois, c’est à dire pour gagner en productivité. C’est l’histoire de l’industrie depuis des siècles, et c’est aussi cela qui a permis l’extraordinaire baisse des prix des produits manufacturés.




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Author : François Lenglet

Publish date : 2019-05-30 06:33:00

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