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Paris : comment le robot Da Vinci XI a opéré une patiente atteinte d’une tumeur

Paris : comment le robot Da Vinci XI a opéré une patiente atteinte d’une tumeur




Gestes moins invasifs, mini-cicatrices, vision 3D, durée d’hospitalisation raccourcie… Les plateformes robotisées font une entrée massive dans les blocs opératoires. 135 établissements publics et privés disposent aujourd’hui de ces équipements. Le CHU du Kremlin-Bicêtre, près de Paris, a reçu en février un robot chirurgical dernière génération.
Ce jour-là, le robot Da Vinci XI est utilisé au bloc opératoire pour l’extraction d’une tumeur très volumineuse, de sept centimètres, sur le rein d’une patiente de 35 ans. C’est une sorte de pieuvre blanche dotée de quatre bras articulés. Khadija, l’infirmière de bloc, lui enfile délicatement des manchons transparents. “C’est le drapage du robot avec des champs stériles parce qu’il va être sur le patient, il faut donc éviter toute infection“, explique-t-elle.
Au bout des bras du robot, des instruments flexibles, pinces à disséquer, ciseaux de coagulation, et caméra endoscopique qui sont introduits à l’aide de toutes petites incisions dans le corps de la patiente, sanglée sur le flanc.
Naviguer dans les organes
“Je suis assis à une console de commande, le coude posé sur un appui confortable, avec les doigts dans des petits télémanipulateurs qui permettent de reproduire les mouvements de la main“, explique le docteur Bastien Parier qui opère ce matin-là, à quelques mètres de la patiente.
Avec ce joystick, le chirurgien pilote à distance les bras du robot. Les yeux rivés sur l’écran, il peut zoomer comme s’il naviguait à l’intérieur des organes. “La tumeur, on la voit vraiment bien”, décrit-il. “C’est vite très impressionnant de voir les volumes de saignements, mais il faut imaginer que c’est l’équivalent de quelques millilitres. Si vous vous coupez au doigt, vous saignez plus que ça”.
Une vision en 3D impressionnante. “On a l’impression de mieux voir que si on avait ouvert le patient et qu’on avait regardé de visu”, explique le docteur Jonathan Bellaich, assistant. “On peut vraiment aller derrière, on a une maniabilité assez importante, même supérieure à une chirurgie ouverte”.
Pas de douleurs ni de vertiges
Les gestes sont plus précis, la mobilité deux fois plus importante qu’avec une simple cœlioscopie. “Je peux tordre mon poignet pour suivre la configuration de la tumeur, qui est souvent sphérique”, précise le docteur Parier. “Il faut s’imaginer qu’en deux dimensions, avec des instruments qui ne peuvent aller que tout droit, à droite ou à gauche, c’est très difficile de suivre cette configuration. Là, je peux vraiment aller au plus près de la tumeur et être très précis”.
Pour les patients, les avantages sont énormes. Une chirurgie moins invasive, moins de risques d’infection, des douleurs post opératoires diminuées et une meilleure récupération. “Je vais très bien”, assure Nancy, la patiente, dans sa chambre d’hôpital 24h après l’intervention. La jeune femme, mère de 3 enfants, s’apprête à rentrer chez elle.
“Je marche, je me tiens très bien sur mes jambes”, poursuit-elle. “Pas de douleurs, pas de vertiges, pas de saignement. Pas de chimio, rien du tout, c’est ça qui est merveilleux”.
Un champ d’application immense
Et le champ d’application de ces robots est immense. Chirurgie du rein, de la vessie, de la prostate, tumeurs digestives, thoraciques, gynécologiques, cancers ORL… Les perspectives sont pleines d’espoir pour le docteur Parier, qui ne se sent nullement dépassé par cette robotisation. “Je n’ai pas de nostalgie de l’époque où on ouvrait en grand les gens et on allait patouiller à l’intérieur”, assure-t-il. “On est soulagé de pouvoir proposer des chirurgies moins invasives en continuant à traiter des maladies très agressives“.
Une chirurgie qui a un coût. L’APHP a par exemple investi 52 millions d’euros pour l’acquisition et l’entretien de neuf robots et la formation des équipes. Ils sont à découvrir le week-end du 18 et 19 mai au CHU du Kremlin-Bicêtre, à l’occasion des journées portes ouvertes organisées par l’APHP.
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Author : Yves Calvi

Publish date : 2019-05-15 09:06:00

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